(Grizzly Bear - Slow life)
Extrait de Tentation :
Je luttai pour conserver mes réserves d'oxygène et garder mes lèvres serrées.
La présence de mon hallucination ne me surprit pas. Edward me devait bien ça, vu que j'étais en train de mourir. Certitude qui, elle, m'étonna. J'allais me noyer. Je me noyais.
"Continue à nager ! m'encouragea-t-il avec des accents désespérés.
- Où donc ? répliquai-je mentalement.
J'étais cernée par les ténèbres.
"Arrête ça ! explosa-t-il. Je t'interdis de renoncer !"
(...)
"Bats-toi ! hurla-t-il. Je t'en supplie, bats-toi, Bella !
- Pourquoi ?
Je n'avais plus envie de lutter. Et ce ne fut pas le vertige, le froid ou l'épuisement de mes muscles qui m'amena à abandonner la partie. J'étais presque contente que c'en fût terminé.
(...)
En revanche, je le vis, lui, sans pour autant retrouver le désir de résister. L'image était si clair, tellement plus définie que dans mes souvenirs. Mon inconscient avait emmagasiné Edward dans les moindres détails de saperfection, le préservant pour cet ultime moment. Son visage sans défauts était aussi réel que s'il avait été présent, avec l'exacte nuance de sa peau glacée, la forme de ses lèvres, la courbe de sa mâchoire, l'étincelle d'or de ses prunelles enragées. Il était courroucé, naturellement, parce que je démissionnais. Il serrait les dents ; la fureur dilatait ses narines.
"Non ! Bella ! Non !"
(...)
Soudain, le courant m'emporta, me projetant contre quelque chose de dur, un rocher invisible dans l'obscurité qui heurta brutalement ma poitrine, telle une barre de fer, et l'oxygène s'échappa de mes poumons en un flot de bulles argentées. L'eau envahit ma gorge, m'étranglant, m'incendiant. La barre de fer parut m'attirer vers elle, m'entraîner loin d'Edward, encore plus loin dans le noir, vers le fond de l'océan.
"Au revoir, je t'aime." Telles furent mes dernières pensées.