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    (Bella dreams)
    Extrait de Tentation :
     
    J'étais sûre à quatre-vingt-dix-neuf virgule neuf pour cent de rêver.
    Les raisons de ma certitude ? Premièrement, je me tenais dans un rayon de soleil éclatant, le genre de lumière aveuglante que ne connaît pas ma ville d'adoption, l'humide Forks, dans l'Etat de Washington ; deuxièmement, je regardais ma grand-mère, Marie. Vu que celle-ci était morte depuis six ans, l'irréalité de l'image était on ne peut plus tangible.
    Grand-mère n'avait guère changé, et son visage ressemblait à celui dont j'avais conservé le souvenir. La peau était douce et flétrie, plissée en dizaines de fines rides sous lesquelles saillait l'ossature. Comme un abricot sec surmonté d'une touffe vaporeuse de beaux cheveux blancs.
    (...)
    - Bella ?
    Ce n'était pas elle qui avait prononcé mon nom, et nous nous tournâmes pour dévisaager le nouveau venu. Bien que je n'eusse pas besoin de le voir pour deviner de qui il s'agissait. J'aurais reconnu cette voix n'importe où ; j'aurais répondu à son appel, que je fusse éveillée, endormie... ou morte, j'imagine.
    (...)
    Edward.
    Il avança vers nous dans la lumière étincelante et, malgré l'émotion, consciente ou non, que sa présence provoquait en moi, en dépit aussi de la quasi-certitude que j'avais de rêver, je paniquai. Après tout, grand-mère - à l'instar de tout le monde - ignorait que j'aimais un vampire. Comment allais-je justifier que les rayons de soleil, en entrant en contact avec sa peau, explosaient en milliers d'éclats arc-en-ciel flamboyants, comme s'il avait été composé de critaux ou de diamands ? 
    (...)
    Pourtant il était là, s'approchait gracieusement de moi, son visage angélique arborant un sourire des plus magnifiques, à croire qu'il n'avait pas remarqué la présence de grand-mère.
    Pour le coup, je regrettai d'être la seule à échapper à son don mystérieux. D'ordinaire, j'appréciais qu'il ne sût lire dans mes pensées aussi clairement que si je les avais formulées à voix haute. A présent, j'aurais voulu qu'il m'entendît, qu'il perçût le cri d'alerte résonnant dans ma tête.
    Je jetai un coup d'oeil angoissé à grand-mère et constatai qu'il était trop tard. Elle me retourna un regard aussi effrayé que le mien. Sans se départir de son sourire (si beau que mon coeur parut enfler au point de vouloir exploser), Edward posa son bras sur mes épaules et se tourna vers ma grand-mère. La réaction de cette dernière me désarçonna. Au lieu de sembler horrifiée, elle me contempla avec une moue penaude, l'air de s'attendre à ce que je le gronde. Par ailleurs, elle avait adopté une drôle de position, le bras écarté maladroitement du corps, tendu et recourbé, comme si, elle aussi, avait enlacé une personne que je ne distinguais pas, un être invisible.
    Ce ne fut qu'alors que je pris du recul et remarquai le grand cadre doré qui entourait la silhouette de ma grand-mère. Perplexe, je levai la main, qui n'enserrait pas la taille d'Edward et l'effleurai. Elle imita mon geste à la perfection. Là où nos doigts auraient dû se toucher, je ne frôlai que la froideur du verre...
    Dans un soubresaut vertigineux, mon rêve devint
     cauchemar.
    Grand-mère n'existait pas.
    C'était moi. Moi dans un miroir. Moi, vieille, ridée et fanée.
    A côté d'Edward. La glace ne renvoyait pas son image, et il était d'une beauté fracassante, figé pour l'éternité dans ses dix-sept ans. Il posa ses lèvres de givre aux contours irréprochables sur ma joue détruite.
    - Bon anniversaire, chuchota-t-il.

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    (The Cullens)
    Extrait de Tentation :
     
    - Et ces plans, marmonnai-je, de plus en plus acide, tournent autour d'une idée centrale, me garder humaine ?
    - Evidemment ! s'emporta-t-il à son tour.
    Il me toisa avec une divine arrogance, et nous nous affrontâmes du regard pendant une longue minute. Puis j'inspirai profondément, carrai les épaules et repoussai ses bras, de façon à m'asseoir.
    - Souhaites-tu que je m'en aille ? s'enquit-il.
    (...)
    - Non, répondis-je. C'est moi qui m'en vais.
    (...)
    - Puis-je me permettre de te demander où tu vas ?
    - Chez toi.
    (...)
    - Cette histoire n'est plus de ton seul ressort. Tu n'es pas le centre du monde, tu sais ? (Là je ne parlais évidemment pas de mon monde.) Si tu dois attirer les Volturi dans les parages parce que tu refuses bêtement de me transformer, il me semble que ta famille a le droit de dire son mot.
    - Son mot sur quoi ?
    - Ma mortalité. Je vais la mettre au vote.
    (...)
    - Parfais, nous sommes tous sur la même longueur d'onde.
    Ils attendirent patiemment, tandis que je rassemblais mes idées.
    - Bref, j'ai un problême, repris-je. Alice a promis aux Volturi que je deviendrais l'une des vôtres. Ils comptent envoyer quelqu'un pour s'en assurer, et je suis à peu près certaine que ce n'est pas une bonne nouvelle, et qu'il vaudrait mieux l'éviter. Vous voici donc tous impliqués, et j'en suis désolée.
    (...)
    - Cependant, repris-je, si vous ne voulez pas de moi, je n'ai pas l'intention de m'imposer, quelle que soit la volonté d'Alice à ce sujet.
    (...)
    - Vous avez tous ce que je souhaite. Et je suis persuadé que vous êtes également au courant de ce qu'en pense Edward. J'en conclus que la seule façon juste de nous décider est de voter. Si vous choisissez de ne pas m'accueillir... j'imagine que je retournerai seule en Italie. Il m'est impossible de les laisser approcher d'ici.
    J'ignorai le grondement sourd qui secoua le torse d'Edward.
    - Sachant donc que, quoi qu'il arrive, je ne vous mettrai pas en danger, je vous demande de voter oui ou non à la proposition suivante : puis-je devenir un vampire ?
    (...)
    Cette fois, je me tournai d'abord vers Edward - autant être débarrassée de ses réticences absurdes.
    - Veux-tu de moi dans ta famille ?
    - Pas comme ça, répliqua-t-il, les prunelles dures et noires comme du charbon. Tu resteras humaine.
    Je hochai la tête en affichant une indifférence de femme d'affaires.
    - Alice ?
    - Oui.
    - Jasper ?
    - Oui, accepta-t-il gravement.
    Je fus un peu surprise, car je n'avais pas été certaine d'obtenir son accord, mais je me maîtrisai et poursuivis mon tour de table.
    - Rosalie ?
    Celle-ci hésita en mordillant ses lèvres parfaites.
    - Non.
    (...)
    - Laisse-moi m'expliquer, plaida-t-elle. Mon vote ne signifie pas que je répugne à t'accepter comme soeur. C'est juste que... cela n'est pas la vie que je me serais choisie, et j'aurais aimé que quelqu'un ait pu me l'éparpgner.
    J'opinai lentement, fis signe à Emmett.
    - Pour sûr ! s'exclama-t-il. On trouvera bien une autre occasion de flanquer une trempe à ce Démétri !
    J'accueillis cette opinion avec une moue désapprobatrice, puis indiquai à Esmé de se prononcer.
    - C'est oui, Bella, naturellement. Je te concidère déjà comme un membre de la famille.
    - Merci, murmurai-je en pivotant vers Carlisle.
    J'étais nerveuse, tout à coup, regrettant de ne pas lui avoir demandé de se prononcer le premier. J'étais certaine que sa voix était celle qui comptait le plus, quelle que soit la majorité exprimée. Il ne me regardait pas.
    - Edward, dit-il.
    - Non, gronda ce dernier, mâchoires serrées, lèvres retroussées sur ses dents.
    - C'est la seule solution sensée, insista son père. Tu as décidé de ne pas vivre sans elle, et cela ne me laisse pas le choix.
    Edward lâcha ma main, se leva brutalement et sortit à grands pas de la pièce sans cesser de grommeler.
    - Tu as deviné ma réponse, Bella, soupira Carlisle.
    (...)
    - C'est tout ce que j'avais besoin de savoir, m'empressai-je de conclure, émue jusqu'aux larmes. Merci à vous. Merci de vouloir me garder. Sachez que je ressens exactement la même chose pour vous.
    En un instant, Esmé fut à mes côtés, m'enlaçant dans ses bras froids.

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  • capture-20130123-181652
    (Romeo & Juliette)
    Extrait de Tentation :
     
    - Bon, allons voir comment les Montaigus et les Capulets s'exterminent, décidai-je en lui lançant un coup d'oeil irrité.
    - Vos désirs sont des ordres, mademoiselle.
    Edward se vautra sur le canapé, cependant que je chargeais la vidéo et faisais défiler le générique en mode accéléré. Lorsque je me perchai à l'extrémité du divan, il enserra ma taille et m'attira contre son torse.
    (...)
    - Roméo m'a toujours tapé sur les nerfs, m'annonça-t-il d'emblée.
    - Que lui reproches-tu . répliquai-je, quelque peu offensée car c'était un de mes personnages préférés. (Jusqu'à ce que je rencontre Edward, j'avais eu une sorte de béguin pour lui.)
    - Eh bien, pour commencer, il est amoureux fou de Rosaline, ce qui ne l'empêche pas de s'enticher très vite de Juliette. Tu ne trouve pas que ça lui donne des airs d'inconstant ? Ensuite, quelques minutes à peine après son mariage avec Juliette, il tue le cousin de celle-ci. Pas très malin. Il accumule les erreurs, ce type. Il aurait voulu détruire son bonheur tout seul qu'il ne s'y serait pas pris autrement.
    - Tu préfère que je le regarde seule ? soupirai-je.
    (...)
    -  J'avoue que je l'envie un peu, ce Roméo, commenta Edward en séchant mes larmes avec une de mes mèches.
    - Juliette est très jolie.
    - Pas à cause d'elle, se récria-t-il, vaguement dégoûté. A cause de la simplicité de son suicide. Vous avez vraiment de la chance, vous les humains ! Il vous suffit de boire d'un trait un petit mélange d'extraits de plantes, et hop...
    - Pardon ?
    - Bah, c'est juste qu'il m'a fallu un jour considérer cette solution. Connaissant l'expérience de Carlisle en ma matière, je savais que ce ne serait pas simple. Je ne suis même pas certain de connaître le nombre exact de fois où il a tenté d'en finir, lorsque... Après qu'il eut compris ce qu'il était devenu... Or, il est toujours en excellente santé, ajouta-t-il, sur un ton plus désinvolte.
    - Mais qu'est-ce que tu raconte ? m'indignai-je en me dévissant le cou pour le toiser. Qu'est-ce que ça signifie "il m'a fallu considérer cette solution" ? C'était au printemps dernier, quand tu as... falli être tuée...
    Il s'interrompit, respira profondément et s'efforça de reprendre un ton badin.
    - Bien sûr, ma priorité était de te retrouver vivante. Pour autant, j'ai dû envisager d'autres éventualités. Et, je te l'ai dit,  ce n'est pas aussi aisé pour moi que pour un humain.
    (...)
    - D'autres éventualité ? répétai-je.
    - Enfin, voyons ! s'exclama-t-il, abasourdi par ma naïveté. Il était évident que je ne comptais pas vivre sans toi ! Mon seul problème, c'était la façon dont j'allais m'y prendre. Inutile d'espérer l'aide d'Emmett ou de Jasper. Alors, j'ai songé à me rendre en Italie pour provoquer les Volturi.
    Il plaisantait ! Pourtant, ses prunelles dorées étaient graves, concentrées sur un lointain qui ne lui parlait que de sa propre fin. Tout à coup, je cédai à la colère.
    (...)
    - Bref, on n'irrite pas les Volturi , reprit Edward, interrompant ma rêverie. Sauf à souhaiter mourir... ou, du moins, à subir le sort qui nous est réservé, à nous autres vampires.
    Ma fureur tourna à l'effroi. Prenant son visage marmoréen entre mes mains, je le serrai très fort.
    - Je t'interdis d'avoir pareilles idées à l'avenir ! Quoi qu'il puisse m'arriver, je t'interdis de te détruire.
    - Je n'ai pas l'intention de t'exposer à de nouveaux dangers, alors le sujet est clos.
    (...)
    J'étais de plus en plus furieuse. L'idée qu'Edward cessât d'exister m'était insupportablement douloureuse, quand bien même aurais-je été morte.
    (...)
    - Si c'était à toi qu'il arrivait quelque chose ? suggérai-je en blêmissant à cette perspective, voudrais-tu que je me suicide ?
    Une vague de tristesse traversa ses traits.
    - Je comprend ton point de vue... un peu, avoua-t-il. Mais que ferai-je, sans toi ?
    (...)
    - Ce sujet-là est clos lui aussi, conclut-il.
     
    Dans le film :
     
    Cette même scène se passe dans la salle de littérature. Tous les élèves regardent le film, pendant qu'Edward et Bella discutent. Quand le professeur interroge Edward, celui-ci récite de mémoire une tirade de Roméo.

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  • capture-20130123-181752
    (Hurricane Bells - Monsters)
    Dans le film :
     
    Alors que Bella se trouve sur le parking de son lycée en compaagnie de ses amis, Edward arrive.

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  • -The-Twilight-Saga-New-Moon-HD-Movie-Screencaps-emily-young-23851116-1920-800
    (Black Rebel Motorcycle Club - Done all wrong)
    Extrait de Tentation :
     
    Au bout de la piste se dressait une maison minuscule, autrefois peinte en gris. Seule une étroite fenêtre perçait la façade, à côté de la porte bleue délavée, mais la jardinière accrochée dessous débordait de soucis orange et jaune vif qui égayaient les lieux. Ouvrant la portière, Embry huma l'air.
    - Miam ! Emily cuisine.
    (...)
    Franchissant l'unique marche du perron, ils entrèrent dans la maisonnette sans frapper. Je les suivis timidement. La pièce de devant consistait pour l'essentiel en un salon ouvert sur la cuisine, comme chez Billy. Une jeune femme à la peau cuivrée et satinée, aux longs cheveux aile de corbeau, se tenait près de l'évier, occupée à sortir des brioches rebondies d'une boîte en métal pour les déposer sur une assiette en carton. 
    (...)
    La partie droite de son visage était couturée de la racine des cheveux jusqu'au menton par trois épaisses griffures rouges que le temps écoulé depuis la cicatrisation avait pâlies. Une des balafres tirait vers le bas le coin de son oeil droit, noir et en amande, une autre tordait la commissure de ses lèvres en un rictus permanent. Grâce à l'avertissement d'Embry, je réussis à me focaliser rapidement sur l'assiette de brioches. Il en émanait un délicieux arôme aux fragrances de myrtille/
    - Oh ! s'exclama Emily, surprise. Qui est-ce ?
    Je relevai la tête en tâchant de me concentrer sur le côté gauche de sa figure.
    - Bella Swan, qui d'autre ? lui dit Jared en haussant les épaules.
    Visiblement, j'avais déjà alimenté bien des discussions.
    - On peut faire confiance à Jacob pour contourner les obstacles, marmonna-t-elle en me toisant d'une façon telle que même la partie intacte de son visage autrefois splendide était hostile. Ainsi, c'est toi, la fille à vampires.
    - Oui, rétorquai-je sèchement. Et j'imagine que tu es la fille à loups ?
    Elle s'esclaffa, imitée par les garçons, et retrouva sa sérénité.
    - Oui, répondit-elle simplement. Où est Sam ? demanda-t-elle ensuite à Jared.
    (...)
    Je me servis et mrodillai dans la pâtisserie. Elle était exquise et fit du bien à mon estomac chamboulé. Embry goba tout tond sa troisième portion.
    - Gardes-en pour tes frères, le réprimanda Emily en lui assenant un coup de cuiller en bois sur la tête.
    Si le mot "frère" m'étonna, je fus bien la seule.
    (...)
    La porte d'entrée s'ouvrit soudain sur Sam.
    - Emily ! lança-t-il.
    Il y avait tant d'amour dans la façon dont il avait prononcé son prénom que je me sentis gênée, intruse. Il traversa la pièce en une seule enjambée, prit le visage de la jeune femme entre ses énormes battoirs, se courba et embrassa les estafilades sombres de sa joue droite avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
    (...)
    Lorsque Jacob et Paul débarquèrent à leur tour, je fus soulagée. Choquée aussi de constater qu'ils riaient. Paul lança une bourrade amicale dans l'épaule de Jacob qui réagit par un léger coup de poing dans les reins. Tous deux semblaient être en un seul morceau. Jacob balaya la pièce des yeux, les posa sur moi qui, mal à l'aise, me tenais dans le coin le plus reculé de la cuisine.
    - Hé, Bella ! me salua-t-il joyeusement.
    Il s'approcha de moi, raflant au passage deux brioches.
    - Désolé pour tout à l'heure, ajouta-t-il à demi-voix. Tu tiens le coup ?
    - T'inquiète, ça va. Les brioches sont excellentes.
    (...)
    - Le repas est prêt, annonça-elle alors un terme aux préparatifs guerriers.
    Les garçons se ruèrent autour de la table, laquelle semblait bien fragile pour supporter le poids de leurs coudes, et engloutirent en un temps record la poêlée d'oeufs vaste comme une bassine qu'Emily avait placée au milieu. Elle mangea adossée au plan de tavail, comme moi, préférant sans doute s'épargner le bazar qui régnait à table, tout en les couvant d'un regard affecteux. Clairement, elle les considérait comme sa famille.
    L'un dans l'autre, rien de tout cela ne ressemblait à ce que je m'étais imaginé de la part d'une meute de loups-garous.

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