• capture-20130127-224555
    (Werewolves)
    Extrait de Tentation :
     
    A cet instant, je remarquai quatre silhouettes debout sur une saillie rocheuse, beaucoup trop près du précipice. D'aussi loin, je ne sus leur donner d'âge, bien qu'il s'agisse clairement d'hommes. En dépit de l'air frisquet, ils semblaient ne porter que des shorts. Saudain, le plus grand du groupe avança encore. Par réflexe, je ralentis, mon pied droit hésitant au-dessus de la pédale de frein.
    Alors, il se jeta dans le vide.
    - Non ! hurlai-je en stoppant net.
    - Qu'y a-t-il ? cria à son tour Jacob, alarmé.
    - Ce type... Il vient juste de sauter de la falaise ! Et ils ne l'ont même pas enpêché ! Il faut appeler les secours !
    (...)
    Jacob ayant éclaté de rire, je me retournai brusquement vers lui. Comment osait-il se montrer aussi insensible ?
    - Ils ne font que plonger des falaises, Bella. Ils s'amusent. Il n'y a pas de centre commercial à La Push, tu sais.
    Il se moquait de moi, mais un agacement réel nuançait sa voix.
    - Ils plongent ? Des falaises ? répétai-je, ahurie.
    Sous mes yeux incrédules, une deuxième silhouette s'approcha du bord, marqua une pause, puis s'élança dans l'abîme avec beaucoup de grâce. Elle parut chuter pendant une éternité avant de finir par fendre les vagues gris sombre, en bas.
    - La vache, c'est haut ! marmonnai-je en me rasseyant à ma place sans quitter du regard les deux derniers candidats au saut de l'ange. Il doit bien y avoir dans les quarante mètres.
    - Oui. La plupart d'entre nous partons d'un peu plus bas. Du rocher là-bas, celui qui pointe à mi-hauteur de la falaise. 
    (...)
    - Jake, décrétai-je, tu dois m'y emmener un de ces jours.
    - Tu plaisantes, Bella ? objecta-t-il. Tu voulais sauver Sam il n'y a pas deux minutes.
    Qu'il sût qui étaient ces inconscients me surprit.
    - J'ai envie d'essayer, insistai-je en m'apprêtant à descendre de la voiture un fois encore.
    - Pas maintenant, d'accord ? contra-t-il en m'attrapant par le poignet. Attendons au moins qu'il fasse plus chaud.
    (...)
    - Qui sont ces gars, ces fous volants ? m'enquis-je.
    - Le gang de La Push, gommela-t-il.
    - Vous avez un gang ? m'écriai-je, impressionnée malgré moi.
    - Pas dans ce sens-là, s'esclaffa-t-il aussitôt. On dirait plutôt des scouts qui auraient mal tourné. Ils ne se bagarrent pas et veillent au respect de l'ordre. (...) Le pire, c'est que le conseil les prend au sérieux. D'après Embry, il les rencontre régulièrement. Embry a aussi entendu Leah Clearwater dire qu'ils s'appelaient "Les Protecteurs", un truc de cet acabit.
    Jacob serrait les poings, comme s'il se retenait de frapper quelque chose.
    (...)
    - Eh bien... ce n'est pas comme s'ils se livraient à des exactions, tentai-je de l'apaiser. Ils semblent même un tout petit peu trop bons Samaritains pour les membres d'un gang. Agaçants, quoi.
    - Ouais, c'est le mot. Ils n'arrêtent pas de frimer, comme ces plongeons de la falaise. Ils se la jouent. Gros durs, genre. Un jour, au dernier semestre, j'étais à l'épicerie avec Embry et Quil, quand Sam a débarqué avec sa suite, Jared et Paul. Quil a balancé un truc - tu as constaté qu'il est incapable de la boucler - ce qui a provoqué la hargne de Paul. Ses yeux se sont assombris, et il a eu une sorte de rictus, un peu comme s'il montrait les dents, et il était tellement furax qu'il tremblait de partout. Sam a posé la main sur son torse en secouant la tête et, au bout d'une minute, Paul s'est calmé. Je te jure, comme si Sam le retenait, sinon Paul allait nous massacrer.
    (...)
    - Jake...
    - Oui ?
    J'h'ésitai, me lançai.
    - Qu'est-ce qui t'ennui vraiment ? Au sujet de Sam. En plus de ce que tu m'as raconté, s'entend.
    Je l'observai. Il fit la moue, sans paraître fâché cependant. Il baissa les yeux sur le sol, donna des coups de pied dans le roue de sa moto, encore et encore, comme s'il cherchait à gagner du temps.
    - C'est juste... la façon dont ils me traitent, soupira-t-il. Ca me flanque les jetons. Tu sais que le conseil de la tribu fonctionne sans hiérarchie. Mais s'il devait y avoir un leader, ce serait mon père. Je n'ai jamais bien saisi pourquoi les autres membres le respectent autant, pourquoi c'est son opinion qui a le plus de poids. Ca remonte à son père et au père de son père. Mon arrière-grand-père, Ephraïm Black, le dernier grand chef que nous ayons eu. Ils continuent à écouter Billy à cause de ça peut-être. Moi, je suis comme tout le monde. Personne ne me concidère comme quelqu'un de spécial... Enfin, c'était vrai jusqu'à maintenant.
    - Sam te concidère comme spécial ?
    - Oui, admit-il en levant sur moi un regard incertain. Il me reluque comme s'il guettait quelque chose... Comme s'il j'allais rejoindre sa bande d'idiots. Il me prête plus d'attention qu'aux autres gars. Je déteste ça.
    - Rien ne t'oblige à entrer dans leur groupe ! m'exclamai-je, irritée.
    (...)
    - Et puis, reprit-il d'une voix sourde et tendue, cette semaine, voilà qu'Embry se met à traîner avec Sam et sa bande. Il était aux falaises, aujourd'hui. Bella, ajouta-t-il en me regardant enfin, ils l'ont harcelé encore plus que moi. Il les fuyait comme la peste, or maintenant il suit Sam partout. A croire qu'il est entré dans une secte. Exactement comme Paul. Lui non plus n'était pas ami avec Sam. Un jour, il a cessé d'aller au lycée, ça a duré queulques semaines, puis il a ressurgi brusquement, et depuis c'est comme s'il appartenait à Sam.
    (...)
    - Ecoute, Jake, tout va s'arranger, le rassurai-je. Dans le cas contraire, tu pourras toujours venir habiter chez Charlie. N'aie pas peur, nous trouverons une solution.

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     (Band of skulls - Friends)
    Extrait de Tentation :
     
    Sans réfléchir, je m'arrêtai pour examiner les quatres gaillards avec une forte impression de dèjà-vu. C'était une autre rue, une autre nuit, et pourtant la scène était identique. Parmi les types, il y avait même un petit brun. Ce fut d'ailleurs lui qui, le premier, me manifesta de l'intérêt. Figée sur place, je le dévisageais.
    - Bella ? chuchota Jess. Qu'est-ce que tu fiches ?
    Je n'en étais pas très sûre moi-même.
    - Il em semble les connaître.
    Quelle mouche me piquait ? J'aurais dû fuir à toutes jambes, oublier l'image de ces hommes décontractés et me réfugier dans l'apathie sans laquelle je ne fonctionnais pas. Pourquoi descendais-je soudain du trottoir, dans un état second ?
    J'étais à Port Angeles en compagnie de Jessica, dans une rue sombre - coïncidence extraordinaire. Je détaillai le petit brun, essayant d'adapter ses traits au souvenir du voyou qui m'avait menacée presque un an plus tôt. Saurais-je l'identifier ? S'agissait-il vraiment de lui ? L'instant si particulier de cette soirée si particulière était flou. Mon corps se la rappelait mieux que mon cerveau - la tension dans mes jambes tandis que j'avais hésité entre me sauver et ne pas me laisser impressionner, la sécheresse de ma gorge quand j'avais tenté de pousser un cri digne de ce nom, la raideur de ma peau sur mes jointures lorsque j'avais serré les poings, les frissons dans ma nuque au moment où mon agresseur m'avait appelée "chérie"... 
    (...)
    L'ignorant, je m'avançai sans l'avoir consciemment décidé. De façon absurde, l'espèce de danger que présentaient ces hommes m'attirait. Cela relevait d'une impulsion insensée, mais il y avait si longtemps que j'en avais éprouvé une que je la suivis. Une énergie peu familière circulait dans mes veines. L'adrénaline, devinai-je.
    (...)
    "Arrête ça tout de suite, Bella !"
    Je stoppai net. Car ce n'était pas Jessica qui venait de me reprimander. C'était une voix furieuse et familière, belle, veloutée malgré ses accents courroucés. C'était sa voix, son tenor - je pris un soin remarquable à ne pas penser son prénom -, et je m'étonnai, en l'entendant, de ne pas m'écrouler sur la chaussée, tordue de douleur au rappel de ma perte. En vérité, je n'avais pas mal, pas mal du tout.
    Au moment où il avait parlé, tout était devenu très clair, soudain, comme si j'avais émergé d'une piscine obscure. J'avais brusquement une conscience plus aiguë des choses - vision, ouïe, sensation de l'air froid qui me fouettait le visage et que je n'avais jusqu'alors pas remarqué, odeurs s'échappant par la porte du bar. Sous le choc, je regardai autour de moi.
    "Rejoins ton amie, m'ordonna-t-il, toujours aussi mécontent. Pas de bêtises, j'ai ta promesse."
    (...)
    Je soupçonnai alors que j'étais victime d'une hallucination, sûrement déclenchée par le souvenir, l'impression de déjà-vu, l'étrange familiarité de la situation.
    (...)
    Je n'avais pas le droit de penser à lui. Je m'étais efforcée d'être très stricte à ce sujet. Naturellement, j'avais eu des ratés - je n'étais qu'humaine, somme toute. Mais je m'améliorais, et j'arrivais désormais à éviter la souffrance plusieurs jours de suite. Le prix à payer était l'engourdissement permanent. Entre douleur et rien, j'avais choisi le rien. En cet instant, je guettais la blessure. Je n'étais plus ahurie, mes sens s'étaient réveillés après des mois de somnolence. Pourtant, rien ne venait. Je n'éprouvais qu'une peine - que ses intonations s'estompent.
    (...)
    J'avançai d'un pas, histoire de tester ma théorie.
    "Recule, Bella", gronda-t-il.
    Je poussai un soupir de soulagement. J'avais désiré entendre son couroux, preuve fabriquée et mensongère qu'il tenait à moi, cadeau douteux offert par mon subconscient.
    Toutes ces réflexions n'avaient duré que quelques secondes. Mon petit groupe de spectateurs m'observait, intrigué. Je donnais sûrement l'apparence d'hésiter à les approcher. Comment auraient-ils pu deviner que je me régalais d'un moment de pure folie ?
    - Salut ! lança un des types sur un ton à la fois sûr de lui et un peu moqueur.
    (...)
    Je franchis le caniveau où ruisselait une eau que la pénombre rendait noire.
    (...)
    Maintenant que j'étais plus près, que mes yeux semblaient avoir effectué une mise au point, j'examinai le petit brun. Il m'était totalement inconnu. Je ressentis une sorte d'étrange déception en constatant qu'il ne s'agissait pas de l'affeux qui avait essayé de m'attaquer, un an plus tôt.
    Le tenor s'était définitivement tu.
    (...)
    - De loin, vous ressembliez à une de mes connaissacnces. Désolée, je me suis trompée.
    La menace qui m'avait amenée à traverser la rue s'était dissipée. Ces hommes n'étaient pas les voyous dangereux dont je me souvenais. Ils étaient sûrement gentils. Inoffensifs. Dès lors, ça ne m'intéressait plus.
     
    Dans le film :
     
    Alors qu'elle s'approche d'un groupe de bikers, Bella a une vision d'Edward la mettant en garde. Pour se venger, la jeune fille monte sur l'une des motos et part avec un homme qu'elle ne connait pas.

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  • capture-20130127-170854
    (Muse - I belong to you)
    Extrait de Tentation :
     
    - Jess ?
    (...)
    - Non. Je voulais juste savoir si tu... Tu m'accompagnerais au cinéma, ce soir ? J'ai vraiment besoin d'une  soirée entre filles.
    Ces mots sonnèrent aussi faux à mes oreilles qu'une mauvaise réplique. Elle devint soupçonneuse.
    - Pourquoi moi ? répliqua-t-elle, hostile.
    - Parce que tu es la première à laquelle je songe quand j'ai envie d'une soirée entre filles.
    (...)
    - Alors, vous en êtes où, toi et Mike ? me dépêchai-je de demander.
    - Tu le vois plus que moi.
    Flûte ! Ma question était tombé à plat au lieu de déclencher un de ses intarissables monologues.
    - On n'a pas beaucoup l'occasion de discuter, au travail, me défendis-je mollement. Tu fréquentes quelqu'un, sinon ?
    Deuxième tentative.
    - Pas franchement. Il m'arrive de sortir avec Conner. Et, il y a quinze jours, ça a été avec Eric.
    Sa mimique exaspérée me laissa entrevoir une longue histoire. Je m'y aggripai aussitôt.
    - Eric Yorkie ? Qui a pris l'initiative ?
    Elle gémit, s'anima.
    - Lui, bien sûr ! Et moi, je n'ai pas réussi à refuser gentiment.
    - Où t'a-t-il emmenée ? Raconte-moi tout !
    Je savais qu'elle interpréterait mon empressement comme de l'intêret. Ca ne rata pas. Elle se lança dans son solilogue, et je me détendis, même si je m'obligeai à écouter attentivement, émettant des brutis sympathiques ou des hoquets horrifiés aux moments appropriés. 
    (...)
    Je continuai à faire parler Jess durant les bandes-annonces, ce qui le permit de les ignorer plus facilement. Mais la nervosité s'empara à nouveau de moi quand le film débuta.
    (...)
    Jessica apparut sur le seuil, hésitante, me cherchant des yeux. Quand elle me localisa, elle parut soulagée. Ca ne dura pas, et l'irritation l'emporta.
    - C'était trop horrible pour toi ? demanda-t-elle.
    - Oui, mentis-je. Je ne suis qu'une trouillarde.
    - C'est bizarre, tu ne m'as pas donné l'impression d'avoir eu peur. Moi, j'ai crié tout le temps, toi pas une seule fois. Je ne comprend pas pourquoi tu es partie.
    - J'avais trop la frousse.
    Elle se calma un peu.
    - C'est la film le plus affreux que j'aie vu. Je te parie qu'on va cauchemarder, cette nuit.
    - Tu m'étonne.
    (...)
    Nous partîmes. Jess se mit à évoquer le premier rôle masculin, dissertant de façon intarissable sur le charme irresistible du type. J'acquiesçai tout, alors que je n'avais aucun souvenir de l'acteur en question, indifférente à l'endroit où elle m'emmenait. J'étais juste vaguement consciente que la nuit était tombée, et que le silence s'était installé. 
    (...)
    Les traits tendus, elle fixait l'horizon en marchant d'un bon pas. Un court instant, ses pupilles se braquèrent sur la droite, indiquant le côté opposé de la rue. Intriguée, j'inspectai les environs.
    Nous nous trouvions sur une courte portion de rue privée de réverbère. Les échoppes la bordant étaient sombres, fermées pour la nuit.
    (...)
    Adossés au mur, quatre hommes. Je reportai mon attention sur Jessica, qui continuait à avancer rapidement, raide. Elle ne paraissait pas effrayée, plutôt soucieuse de passer inaperçue.

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  • capture-20130127-165223
    (Anya Marina - Satellite heart)
    Extrait de Tentation :
     
    Edward me suivait en silence. Il m'ouvrit la portière passager, et je grimpai dans la camionnette sans protester/
    (...)
    Nous nous éloignâmes, trop vite, sur le chemin sinueux et sombre. Ce mustisme ne tarda pas à me rendre folle.
    - Dis quelque chose, finis-je par lancer lorsqu'il bifurqua sur la grande route.
    - Que veux-tu que je dise ? répliqua-t-il, lointain.
    - Que tu me pardonnes, murmurrai-je, refroidie par la distance qu'il maintenait entre nous.
    Ma réflexion eut le don d'animer ses traits. Un éclat de colère les traversa.
    - Te pardonner ? A toi ? De quoi ?
    - Si j'avais été plus prudente, rien de tout cela ne se serait passé.
    - Bella ! Tu t'es coupé avec un bout de papier. Tu ne mérites pas d'être fusillée pour ça !
    - N'empêche, c'est ma faute.
    Ces mots ouvrirent les vannes.
    - Ta faute ? Si tu t'étais blessé chez Mike Newton, en présence de Jessica, d'Angela et de tes autres amis normaux, qu'aurait-il pu arriver de grave ? Qu'ils soient à court de pansement ? Si tu avais trébuché sur une pile d'assiettes, et ce sans que personne ne t'y précipite, aurais-ce été un drame ? Au pire, tu aurais mis du sang sur la banquette de la voiture pendant qu'ils t'emmenaient aux urgences. Mike Newton t'aurait tenu la main pendant qu'on te recousait, et il n'aurait pas eu besoin de lutter contre l'envie de te tuer pendant les soins. Ne t'accuse pas, Bella. Cela ne sert qu'à augmenter le dégoût que j'éprouve à mon encontre?
    - Veux-tu bien m'expliquer pourquoi nous en sommes à évoquer Mike Newton ? m'emportai-je.
    - Parce qu'il serait beaucoup plus sain pour toi de le fréquenter.
    - Plutôt mourir ! Toi seul somptes.
    - Inutile d'être aussi théâtrale.
    - Inutile d'être aussi bête.
    Il ne releva pas, fixa le pare-brise d'un air renfrogné. Je me creusai les méninges pour tâcher de trouver une façon de sauver cette soirée, mais lorsque nous nous garâmes devant chez moi, rien ne m'était encore venu à l'esprit. Il coupa le contact sans pour autant ôter ses mains crispées du volant.

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  • grande-fan-twilight-new-moon-big
    (Full Moon)
    (The killers - A white demon love song)
    (Death cab for cutie - Meet me on the equinox)
     
     
    Ces musiques sont utilisées pendant le générique de fin.

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  • img011
    (Ulf Bstlein - Wandrers Nachtlied)
    Extrait de Tentation :
     
    - Et voilà, soupirai-je, tout le monde est parti. Je suis drôlement douée pour faire le vide autour de moi.
    - Ce n'est pas de ta faute, me réconforta Carlisle en riant doucement. Ca aurait pu arriver à n'importe qui.
    - En effet, sauf que j'ai quand même une fâcheuse tendance à provoquer de telles situations.
    Il rit derechef. Sa sérénité était d'autant plus surprenante au regard de la réaction des autres. Il n'y avait aucune trace d'anxiété sur son visage. Il s'affairait, rapide et sûr de lui. Seuls les tintements des bouts de cristal qui tombaient l'un après l'autre sur la table rompaient le souffle mesuré de nos respirations.
    - Comment y arrivez-vous ? demandai-je. Même Alice et Esmé...
    Je m'interrompis. Bien que toute la famille, prenant exemple sur lui, eût renoncé au traditionnel régime alimentaire des vampires, il était le seul à résister sans mal à l'odeur tentatrice de mon sang. L'exploit était sans doute beaucoup plus difficile à accomplir que ce que sa décontraction laissait deviner.
    - Les années de pratique, répndit-il. Je ne sens presque plus rien, maintenant.
    - Serait-ce pluq dur si vous cessiez de fréquenter l'hôpital pendant longtemps ?
    Il haussa les épaules, indécis.
    - Peut être. Je n'ai jamais eu besoin de vacances prolongées. J'aime trop travailler.
    (...)
    - Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ? repris-je. 
    (...)
    - Hum, répndi-il, le regard calme et songeur. Ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est quand mes capacités... supérieures, disons, me permettent de sauver une vie qui, sinon, aurait été perdue. J'aime à savoir que, grâce à moi, certaines gens guérissent. Parfois, même mon odorat surdéveloppé est un outil de diagnostic bien pratique.
    (...)
    - Vous vous donnez bien du mal pour expier un état dont vous n'êtes pas respnsable, continuai-je. Après tout, vous n'avez pas demandé à devenir celui que vous êtes. Vous n'avez pas choisi cette existence et, pourtant, j'ai l'impression que vous vous sentez obligé de trimer comme un esclave afin de prouver que vous êtes bon.
    - Je ne crois pas essayer de réparer quoi que ce soit, me contredit-il sur un ton léger. Comme tout un chacun, j'ai simplement dû opérer des choix de vie en fonction de ce que la nature m'a donné.
    (...)
    - Les autres membres du clan ne partagent pas votre foi ? m'étonnai-je.
    Je songeai, bien sûr, à une personne en particulier et, là encore, Carlisle ne s'y trompa pas.
    - Edward me suit jusqu'à un certain point. Pour lui, Dieu, le ciel existent... l'enfer aussi. Mais il doute de l'existence d'un au-delà pour notre espèce.
    (...)
    - Il est parsuadé que nous avons perdu notre âme, ajouta-t-il.
    Je me rappelai aussitôt les paroles qu'Edward avaient prononcées cet après-midi-là. "Sauf à souhaiter mourir... ou, du moins, à subir le  sort qui nous est réservé, à nous autres vampires." Brusquement, une ampoule s'éclaira au-dessus de ma tête.
    - C'est tout le problème, n'est-ce pas ? commentai-je. Ca explique ses réticences à me transformer.
    - Lorsque je regarde... mon fils... quand je vois sa force, sa bonté, son éclat, je suis d'autant plus certain de la légitimité de mes espérances. Comment admettre qu'un être tel Edward ne mérite pas plus ? (J'acquiesçai avec ferveur.) Toutefois, si je pensais comme lui... ou plutôt, si toi, tu partageais ses convictions, serais-tu capable de lui voler son âme ?
    Ses prunelles insondables me dévisageaient. Posée en ce termes, la question me désarçonna. M'eût-il demandé si j'étais prête à sacrifier mon âme pour Edward, ma réponse eût été évidente. Quant à infliger un sort identique à celui que j'aimais... Je fis la grimace. Ces arguties étaient injustes.
    - Tu mesures l'ampleur de la difficulté, reprit Carlisle.
    Je secuai le menton, consciente de me comporter comme une enfant têtue. Il soupira.
    - C'est mon choix, objectai-je.
    - Le sien également, répliqua-t-il en levant la main pour arrêter mes protestations. C'est lui qui endossera ou non cette responsabilité.

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  • the score - new moonthe score - new moon 2
    ost - new moon (3)ost - new moon

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  • capture-20130125-210021
    (Bella dreams)
    Extrait de Tentation :
     
    J'étais sûre à quatre-vingt-dix-neuf virgule neuf pour cent de rêver.
    Les raisons de ma certitude ? Premièrement, je me tenais dans un rayon de soleil éclatant, le genre de lumière aveuglante que ne connaît pas ma ville d'adoption, l'humide Forks, dans l'Etat de Washington ; deuxièmement, je regardais ma grand-mère, Marie. Vu que celle-ci était morte depuis six ans, l'irréalité de l'image était on ne peut plus tangible.
    Grand-mère n'avait guère changé, et son visage ressemblait à celui dont j'avais conservé le souvenir. La peau était douce et flétrie, plissée en dizaines de fines rides sous lesquelles saillait l'ossature. Comme un abricot sec surmonté d'une touffe vaporeuse de beaux cheveux blancs.
    (...)
    - Bella ?
    Ce n'était pas elle qui avait prononcé mon nom, et nous nous tournâmes pour dévisaager le nouveau venu. Bien que je n'eusse pas besoin de le voir pour deviner de qui il s'agissait. J'aurais reconnu cette voix n'importe où ; j'aurais répondu à son appel, que je fusse éveillée, endormie... ou morte, j'imagine.
    (...)
    Edward.
    Il avança vers nous dans la lumière étincelante et, malgré l'émotion, consciente ou non, que sa présence provoquait en moi, en dépit aussi de la quasi-certitude que j'avais de rêver, je paniquai. Après tout, grand-mère - à l'instar de tout le monde - ignorait que j'aimais un vampire. Comment allais-je justifier que les rayons de soleil, en entrant en contact avec sa peau, explosaient en milliers d'éclats arc-en-ciel flamboyants, comme s'il avait été composé de critaux ou de diamands ? 
    (...)
    Pourtant il était là, s'approchait gracieusement de moi, son visage angélique arborant un sourire des plus magnifiques, à croire qu'il n'avait pas remarqué la présence de grand-mère.
    Pour le coup, je regrettai d'être la seule à échapper à son don mystérieux. D'ordinaire, j'appréciais qu'il ne sût lire dans mes pensées aussi clairement que si je les avais formulées à voix haute. A présent, j'aurais voulu qu'il m'entendît, qu'il perçût le cri d'alerte résonnant dans ma tête.
    Je jetai un coup d'oeil angoissé à grand-mère et constatai qu'il était trop tard. Elle me retourna un regard aussi effrayé que le mien. Sans se départir de son sourire (si beau que mon coeur parut enfler au point de vouloir exploser), Edward posa son bras sur mes épaules et se tourna vers ma grand-mère. La réaction de cette dernière me désarçonna. Au lieu de sembler horrifiée, elle me contempla avec une moue penaude, l'air de s'attendre à ce que je le gronde. Par ailleurs, elle avait adopté une drôle de position, le bras écarté maladroitement du corps, tendu et recourbé, comme si, elle aussi, avait enlacé une personne que je ne distinguais pas, un être invisible.
    Ce ne fut qu'alors que je pris du recul et remarquai le grand cadre doré qui entourait la silhouette de ma grand-mère. Perplexe, je levai la main, qui n'enserrait pas la taille d'Edward et l'effleurai. Elle imita mon geste à la perfection. Là où nos doigts auraient dû se toucher, je ne frôlai que la froideur du verre...
    Dans un soubresaut vertigineux, mon rêve devint
     cauchemar.
    Grand-mère n'existait pas.
    C'était moi. Moi dans un miroir. Moi, vieille, ridée et fanée.
    A côté d'Edward. La glace ne renvoyait pas son image, et il était d'une beauté fracassante, figé pour l'éternité dans ses dix-sept ans. Il posa ses lèvres de givre aux contours irréprochables sur ma joue détruite.
    - Bon anniversaire, chuchota-t-il.

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  • capture-20130123-195458
    (The Cullens)
    Extrait de Tentation :
     
    - Et ces plans, marmonnai-je, de plus en plus acide, tournent autour d'une idée centrale, me garder humaine ?
    - Evidemment ! s'emporta-t-il à son tour.
    Il me toisa avec une divine arrogance, et nous nous affrontâmes du regard pendant une longue minute. Puis j'inspirai profondément, carrai les épaules et repoussai ses bras, de façon à m'asseoir.
    - Souhaites-tu que je m'en aille ? s'enquit-il.
    (...)
    - Non, répondis-je. C'est moi qui m'en vais.
    (...)
    - Puis-je me permettre de te demander où tu vas ?
    - Chez toi.
    (...)
    - Cette histoire n'est plus de ton seul ressort. Tu n'es pas le centre du monde, tu sais ? (Là je ne parlais évidemment pas de mon monde.) Si tu dois attirer les Volturi dans les parages parce que tu refuses bêtement de me transformer, il me semble que ta famille a le droit de dire son mot.
    - Son mot sur quoi ?
    - Ma mortalité. Je vais la mettre au vote.
    (...)
    - Parfais, nous sommes tous sur la même longueur d'onde.
    Ils attendirent patiemment, tandis que je rassemblais mes idées.
    - Bref, j'ai un problême, repris-je. Alice a promis aux Volturi que je deviendrais l'une des vôtres. Ils comptent envoyer quelqu'un pour s'en assurer, et je suis à peu près certaine que ce n'est pas une bonne nouvelle, et qu'il vaudrait mieux l'éviter. Vous voici donc tous impliqués, et j'en suis désolée.
    (...)
    - Cependant, repris-je, si vous ne voulez pas de moi, je n'ai pas l'intention de m'imposer, quelle que soit la volonté d'Alice à ce sujet.
    (...)
    - Vous avez tous ce que je souhaite. Et je suis persuadé que vous êtes également au courant de ce qu'en pense Edward. J'en conclus que la seule façon juste de nous décider est de voter. Si vous choisissez de ne pas m'accueillir... j'imagine que je retournerai seule en Italie. Il m'est impossible de les laisser approcher d'ici.
    J'ignorai le grondement sourd qui secoua le torse d'Edward.
    - Sachant donc que, quoi qu'il arrive, je ne vous mettrai pas en danger, je vous demande de voter oui ou non à la proposition suivante : puis-je devenir un vampire ?
    (...)
    Cette fois, je me tournai d'abord vers Edward - autant être débarrassée de ses réticences absurdes.
    - Veux-tu de moi dans ta famille ?
    - Pas comme ça, répliqua-t-il, les prunelles dures et noires comme du charbon. Tu resteras humaine.
    Je hochai la tête en affichant une indifférence de femme d'affaires.
    - Alice ?
    - Oui.
    - Jasper ?
    - Oui, accepta-t-il gravement.
    Je fus un peu surprise, car je n'avais pas été certaine d'obtenir son accord, mais je me maîtrisai et poursuivis mon tour de table.
    - Rosalie ?
    Celle-ci hésita en mordillant ses lèvres parfaites.
    - Non.
    (...)
    - Laisse-moi m'expliquer, plaida-t-elle. Mon vote ne signifie pas que je répugne à t'accepter comme soeur. C'est juste que... cela n'est pas la vie que je me serais choisie, et j'aurais aimé que quelqu'un ait pu me l'éparpgner.
    J'opinai lentement, fis signe à Emmett.
    - Pour sûr ! s'exclama-t-il. On trouvera bien une autre occasion de flanquer une trempe à ce Démétri !
    J'accueillis cette opinion avec une moue désapprobatrice, puis indiquai à Esmé de se prononcer.
    - C'est oui, Bella, naturellement. Je te concidère déjà comme un membre de la famille.
    - Merci, murmurai-je en pivotant vers Carlisle.
    J'étais nerveuse, tout à coup, regrettant de ne pas lui avoir demandé de se prononcer le premier. J'étais certaine que sa voix était celle qui comptait le plus, quelle que soit la majorité exprimée. Il ne me regardait pas.
    - Edward, dit-il.
    - Non, gronda ce dernier, mâchoires serrées, lèvres retroussées sur ses dents.
    - C'est la seule solution sensée, insista son père. Tu as décidé de ne pas vivre sans elle, et cela ne me laisse pas le choix.
    Edward lâcha ma main, se leva brutalement et sortit à grands pas de la pièce sans cesser de grommeler.
    - Tu as deviné ma réponse, Bella, soupira Carlisle.
    (...)
    - C'est tout ce que j'avais besoin de savoir, m'empressai-je de conclure, émue jusqu'aux larmes. Merci à vous. Merci de vouloir me garder. Sachez que je ressens exactement la même chose pour vous.
    En un instant, Esmé fut à mes côtés, m'enlaçant dans ses bras froids.

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  • capture-20130123-181652
    (Romeo & Juliette)
    Extrait de Tentation :
     
    - Bon, allons voir comment les Montaigus et les Capulets s'exterminent, décidai-je en lui lançant un coup d'oeil irrité.
    - Vos désirs sont des ordres, mademoiselle.
    Edward se vautra sur le canapé, cependant que je chargeais la vidéo et faisais défiler le générique en mode accéléré. Lorsque je me perchai à l'extrémité du divan, il enserra ma taille et m'attira contre son torse.
    (...)
    - Roméo m'a toujours tapé sur les nerfs, m'annonça-t-il d'emblée.
    - Que lui reproches-tu . répliquai-je, quelque peu offensée car c'était un de mes personnages préférés. (Jusqu'à ce que je rencontre Edward, j'avais eu une sorte de béguin pour lui.)
    - Eh bien, pour commencer, il est amoureux fou de Rosaline, ce qui ne l'empêche pas de s'enticher très vite de Juliette. Tu ne trouve pas que ça lui donne des airs d'inconstant ? Ensuite, quelques minutes à peine après son mariage avec Juliette, il tue le cousin de celle-ci. Pas très malin. Il accumule les erreurs, ce type. Il aurait voulu détruire son bonheur tout seul qu'il ne s'y serait pas pris autrement.
    - Tu préfère que je le regarde seule ? soupirai-je.
    (...)
    -  J'avoue que je l'envie un peu, ce Roméo, commenta Edward en séchant mes larmes avec une de mes mèches.
    - Juliette est très jolie.
    - Pas à cause d'elle, se récria-t-il, vaguement dégoûté. A cause de la simplicité de son suicide. Vous avez vraiment de la chance, vous les humains ! Il vous suffit de boire d'un trait un petit mélange d'extraits de plantes, et hop...
    - Pardon ?
    - Bah, c'est juste qu'il m'a fallu un jour considérer cette solution. Connaissant l'expérience de Carlisle en ma matière, je savais que ce ne serait pas simple. Je ne suis même pas certain de connaître le nombre exact de fois où il a tenté d'en finir, lorsque... Après qu'il eut compris ce qu'il était devenu... Or, il est toujours en excellente santé, ajouta-t-il, sur un ton plus désinvolte.
    - Mais qu'est-ce que tu raconte ? m'indignai-je en me dévissant le cou pour le toiser. Qu'est-ce que ça signifie "il m'a fallu considérer cette solution" ? C'était au printemps dernier, quand tu as... falli être tuée...
    Il s'interrompit, respira profondément et s'efforça de reprendre un ton badin.
    - Bien sûr, ma priorité était de te retrouver vivante. Pour autant, j'ai dû envisager d'autres éventualités. Et, je te l'ai dit,  ce n'est pas aussi aisé pour moi que pour un humain.
    (...)
    - D'autres éventualité ? répétai-je.
    - Enfin, voyons ! s'exclama-t-il, abasourdi par ma naïveté. Il était évident que je ne comptais pas vivre sans toi ! Mon seul problème, c'était la façon dont j'allais m'y prendre. Inutile d'espérer l'aide d'Emmett ou de Jasper. Alors, j'ai songé à me rendre en Italie pour provoquer les Volturi.
    Il plaisantait ! Pourtant, ses prunelles dorées étaient graves, concentrées sur un lointain qui ne lui parlait que de sa propre fin. Tout à coup, je cédai à la colère.
    (...)
    - Bref, on n'irrite pas les Volturi , reprit Edward, interrompant ma rêverie. Sauf à souhaiter mourir... ou, du moins, à subir le sort qui nous est réservé, à nous autres vampires.
    Ma fureur tourna à l'effroi. Prenant son visage marmoréen entre mes mains, je le serrai très fort.
    - Je t'interdis d'avoir pareilles idées à l'avenir ! Quoi qu'il puisse m'arriver, je t'interdis de te détruire.
    - Je n'ai pas l'intention de t'exposer à de nouveaux dangers, alors le sujet est clos.
    (...)
    J'étais de plus en plus furieuse. L'idée qu'Edward cessât d'exister m'était insupportablement douloureuse, quand bien même aurais-je été morte.
    (...)
    - Si c'était à toi qu'il arrivait quelque chose ? suggérai-je en blêmissant à cette perspective, voudrais-tu que je me suicide ?
    Une vague de tristesse traversa ses traits.
    - Je comprend ton point de vue... un peu, avoua-t-il. Mais que ferai-je, sans toi ?
    (...)
    - Ce sujet-là est clos lui aussi, conclut-il.
     
    Dans le film :
     
    Cette même scène se passe dans la salle de littérature. Tous les élèves regardent le film, pendant qu'Edward et Bella discutent. Quand le professeur interroge Edward, celui-ci récite de mémoire une tirade de Roméo.

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