• 300
    (Tremble for my beloved - Collective soul)
    Extrait de Fascination :
     
    Plusieurs choses arrivèrent en même temps (...)
    A quatre voitures de moi, Edward Cullen avait les traits tordus par une grimace horrifiée. Son visage se détachait  sur une mer d'autres visages, tous figés dans un masque d'angoisse identique. De plus immédiate importance cependant m'apparut le fourgon bleu nuit qui glissait, roues bloquées et freins hurlant, en tournoyant follement à travers le parking verglacé. Il fonçait droit sur ma chevrolet, et j'étais en plein sur sa trajectoire. Je n'eus même pas le temps de fermer les yeux.
    Juste avant que ne me parvienne le crissement de tôles froissées du véhicule fou s'enroulant autour du plateau de ma camionnette, quelque chose ma frappa. Fort. Sauf que le coup ne surgit pas de là où je l'attendais.
    (...)
    Un juron étouffé m'apprit que je n'étais pas seule. Impossible de ne pas reconnaître cette voix. Deux longues mains blanches jaillirent devant moi pour me protéger, et le fourgon s'arrêta en hoquetant à quelques centimètres de ma figure, les grandes paumes s'enfonçant par un heureux hasard dans une indentation profonde qui marquait le flanc du véhicule.

    votre commentaire
  • 732
    (The black ghosts - Fool Moon)
     
     
    Cette musique sert de générique au film.
     
    Extrait de Fascination :
     
    Ma mère me conduisit à l'aéroport toutes fenêtres ouvertes. La température, à Phoenix, frôlait les vingt et un degrés, le ciel était d'un bleu éclatant.
    (...)
    Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au nord-ouest de l'Etat de Washington, une bourgade insignifiante  appelé Forks où la couverture nuageuse est quasi constante. Il y pleut plus que partout ailleurs aux Etats-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que ma mère avait fui en emportant le nourrisson que j'étais alors. C'est là que j'avais dû me rendre, un mois tous les été, jusqu'à mes quatorze ans, âge auquel j'avais enfin osé protester.
    (...)
    Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent - un acte qui m'horrifiait. Je détestais Forks.
    J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville immense.
    (...)
    Comment ma mère aimante, imprévisible et écervelée allait-elle se débrouiller sans moi ? Certes, elle avait Phil, désormais. Les factures seraient sans doute payées, le réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et aurait quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait. Pourtant...
    (...)
    Entre Phoenix et Seattle, le vol dure quatre heures, auxquelles s'en ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à Forks, en auto. Autant l'avion ne gêne pas, autant j'appréhendais la route en compagnie de Charlie.
    (...)
    Quand j'atterris à Port Angeles, il pleuvait. Je ne pris pas ça pour un mauvais présage, juste la fatalité. J'avais d'ores et déjà fait mon dueil du soleil. Sans surprise, Charlie m'attendait avec le véhicule de patrouille. Charlie Swan est le Chef de la police, pour les bonnes gens de Forks.
    (...)
    Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais en Arizona n'étaient pas assez imperméables pour l'Etat de Washington. Ma mère et moi nous étions cotisées pour élargir ma garde-robe d'hiver, mais ça n'avait pas été loin. Le tout entra aisément dans le coffre.
    (...)
    Nous finîmes par arriver chez Charlie. Il vivait toujours dans la maisonnette de trois pièces achetée avec ma mère aux premiers (et seuls) jours de leur mariage.

    votre commentaire
  • 596
    (Clair de lune - Debussy)

    Extrait de Fascination :
    Tripotant les boutons, il augmenta le chauffage et baissa le volume de lecteur CD. Nous sortîmes du parking. Décidée à ne pas lui décrocher un mot de tout le trajet, j'adoptai une mine renfrognée de rigueur. Malheureusement, je reconnus la musique, et ma curiosité l'emporta sur mes résolutions.
    - Clair de Lune ? m'exclamai-je, surprise.
    - Tu connais Debussy ? riposta-t-il, tout aussi éberlué.
    - Pas bien, admis-je. Ma mère est une fan de classique. Je ne reconnais que mes morceaux préférés.
    - C'est également l'un de mes favoris.
    (...)
    S'emparant d'une télécommande, il alluma la stéréo. La volume était bas, mais l'air de jazz résonna comme si l'orchestre avat été sur place. J'allais inspecter son époustouflante collection.
    (...)
    - Tu guettes toujours le moment où je vais déguerpir en braillant comme une perdue, hein ? devinai-je.
    Il hocha la tête, vaguement penaud.
    - Désolée de te décevoir, mais tu es loin d'être aussi terrifiant que tu le penses. D'ailleurs, je n'ai absolument pas peur de toi.
    Un mensonge éhonté, qu'il n'avala pas le moins du monde. Il sourcilla.
    - Tu aurais mieux fait de te taire, s'eclaffa-t-il avec espièglerie.
    Sur ce, il se mit à gronder, un son grave qui émanait des tréfonds de sa gorge. Ses lèvres se retroussèrent sur ses dents sans défaut, son corps bougea brusquement, et il se retrouva à demi accroupi, tendu comme un lion prêt à bondir. Je reculai, furieuse.
    - Tu n'oserais...
    Je ne le vis pas me sauter dessus, ce fut bien trop rapide. Simplement, le sol se déroba tout à coup sous mes pieds, et nous nous écrasâmes sur le divan, l'envoyant valser contre le mur. Ses bras d'airain avaient formé une cage protectrice autour de moi, et je fus à peine bousculée, mais je haletais lorsque je tentai de me redresser. Il ne me laissa d'ailleurs pas faire. Me roulant en boule contre son torse, il m'emprisonna contre lui. Je lui jetai un coup d'oeil affolé ; il paraissait contrôler la situation, hilare, les iris pétillant de malice.
    - Tu disais ? me nargua-t-il avec un nouveau grognement de comédie.
    - Que tu es la plus terrifiant de tous les monstres.
    Mon ironie fut quelque peu atténuée par les trémolos de ma voix.
    - C'est déjà mieux. 
     
    Dans le film :
    La scène se déroule le jour de la visite de Bella chez les Cullen. Dans la chambre d'Edward, Bella, qui est plus que surprise d'apprendre que les vampires ne dorment jamais, change de sujet en écoutant le CD qui se trouve dans la chaine hi-fi. Quand elle reconnait Clair de Lune, Edward tente quelques pas de danse, mais Bella lui avoue qu'elle ne sait pas danser.

    votre commentaire
  • capture-20130218-021749
    (Let me sign - Robert Pattinson)
    Extrait de Fascination :
     
    Je rêvai.
    Je flottais entre deux eaux. Brisant la surface sombre sous laquelle je me trouvais, me parvint le plus joyeux des sons que mon esprit fut à même d'évoquer, aussi beau et envoûtant qu'il était fantomatique ; un autre grognement, un rugissement plus grave qui tremblait de fureur.
    Une vivre douleur qui mordait ma main levée me ramena soudain vers la conscience, presque à la surface, mais je m'égarai en route et ne réussis pas à ouvrir les yeux.
    Alors, je compris que j'étais morte.
    (...)
    - Bella, je t'en supplie, réveille-toi ! Je t'en prie, Bella, je t'en prie ! Bella !
    "Je suis là", voulais-je lui répondre. Rien. Je ne retrouvais pas mes lèvres.
    - Carlisle ! hurlait l'ange qui paraissait souffrir mille morts. Bella, Bella, non, oh par pitié, non, non !
    (...)
    On appuya sur ma tête. Aïe ! La souffrance transperça l'obscurité pour m'atteindre et, soudain, d'autres douleurs, plus vives, suivirent. Je poussai un cri d'agonie qui rompit les eaux noires.
    - Bella ! s'exclama l'ange.
    - Elle a perdu beaucoup de sang, mais la blessure n'est pas profonde, intervint une autre voix, calme. Attention à sa jambe, elle est cassée.
    (...)
    - Ma main brûle ! m'époumonai-je en jaillissant enfin du néant ténébreux.
    J'ouvris les yeux. Je ne distinguai pas son visage. Quelque chose de sombre et de chaud voilait ma vue. Pourquoi n'éteignaient-ils pas l'incendie qui me ravageait ?
    - Bella ?
    Il semblait effrayé.
    - Le feu ! Arrêtez le feu ! hurlai-je, torturée par d'atroces souffrances.
    - Carlisle ! Sa main !
    - Il l'a mordue.
    La sérénité de Carlisle avait cédé la place à la consternation. Edward hoqueta d'horreur.
    (...)
    - Il y a peut-être une autre solution, dit Carlisle.
    - Laquelle ?
    - Essaie de sucer le venin. La plaie est propre.
    (...)
    - Carlisle, je... je ne suis pas sûr d'y arriver, murmurait Edward, sa belle voix au supplice.
    - Il le faut, pourtant. Je ne peux pas t'aider, je dois m'occuper de stopper cette hémorragie, surtout si tu lui tires du sang pas la main.
    (...)
    Soudain, une détermination féroce remplaça le doute dans les prunelles d'Edward. Sa mâchoire se crispa, et ses doigts frais et forts emprisonnèrent ma main incandescente. Puis il courba la tête, et ses lèvres froides se posèrent sur ma peau.
    D'abord, la souffrance fut encore plus vive. Je hurlai et luttai contre les bras qui me ceinturaient. (...)  Mais je finis par me calmer, lentement, au fur et à mesure que ma main s'engourdissait et que la douleur s'atténuait. Le feu faiblit, leur rouge de plus en plus lointaine. Je me sentis de nouveau glisser dans l'inconscient et j'eus peur de retomber dans les eaux noires et de perdre Edward dans les ténèbres. Je tentai de l'appeler. Je ne m'entendis pas. Eux, si.
    - Il est juste à côté, Bella, me rassura Alice.
    - Reste, Edward, reste avec moi...
    - Je ne te quitte pas, ne t'inquiète pas, me dit-il, épuisé mais également triomphant.
    (...)
    - Tout est sorti ? s'enquit Carlisle quelque part très loin.
    - Son sang est propre, murmura Edward, j'ai perçu le goût de la morphine.
    - Bella ? m'appela Carlisle.
    - Mmm ?
    - Le feu a disparu ?
    - Oui, soufflai-je. Merci, Edward.
    - Je t'aime.
    - Je sais.
    (...)
    Je me retrouvai alors dans ses bras, bercée contre son torse, flottant, toute peine envolée.
    - Dors, Bella !
    Tels furent les derniers mots qui me parvirent.

    votre commentaire
  • BellaSwan-bella-swan-30465197-1024-768
    (Flightless bird - Wire & Iron)
    Extrait de Fascination :
     
    - Tu m'as dit que tu étais parvenu à t'arrêter... Je veux savoir pourquoi.
    - Comment çan pourquoi ?
    - Pourquoi n'as-tu pas laissé le venin me contaminer ? Je serais comme toi, maintenant.
    (...)
    - Je refuse de me cantonner au rôle de Lois Lane, insistai-je. Je veux aussi être Superman.
    - Tu ne sais pas de quoi tu parles, répliqua-t-il tendrement.
    - Je crois que si.
    - Non, Bella. J'ai eu presque un siècle pour y réfléchir, et je n'ai toujours pas d'opinion arrêtée.
    - Regrettes-tu l'intervention de Carlisle ?
    - Non. Mais la vie m'abandonnait, je n'avais rien à perdre.
    - C'est toi, ma vie. Tu es la seule chose que je ne supporterais pas de perdre.
    (...)
    - Pourtant, je vais mourir, finis-je par lâcher.
    Il parut étonné.
    - Bien sûr que non ! Tu n'auras qu'une ou deux cicatrices...
    - Je vais mourir, répétai-je.
    - Franchement, Bella, protesta-t-il, anxieux à présent, tu sortiras d'ici dans quelques jours, une semaine tout au plus.
    - Peut-être pas maintenant, mais ça finira pas arriver. Je m'en rapproche à chaque seconde qui passe. Et je vais devenir vieille.
    Il se renfrogna, appuya ses doigts contre ses tempes et ferma les yeux.
    - C'est ce qui est censé se produire. Ce qui devrait se produire. Ce qui se serait produit si je n'avais pas existé - et je ne devrais pas exister.
    (...)
    - Bella ! s'exclama-t-il, exaspéré. Je refuse de discuter de cela plus longtemps avec toi. Pas question que je te condamne à une nuit éternelle. Un point c'est tout !
    - Si tu crois que je renoncerai, c'est que tu me connais bien mal. Tu n'es pas le seul vampire du coin.
    - Alice n'oserait pas !
    (...)
    - Elle sait, hein ? C'est pourquoi tu lui en veux tellement. Elle a vu que je serais comme toi... un jour.
    - Elle se trompe. Elle t'a aussi vue morte, et ce n'est pas arrivé.
    - Je ne parierais pas contre elle.
    Nous nous dévisageâmes avec colère pendant quelques minutes dans un silence que rompait seulement le bourdonnement des appareils, le bruit du goutte-à-goutte et le tic-tac de la pendule.
     
    (...)
    - Je t'ai emmené au bal, dit-il d'une voix lente, parce que je ne veux pas que tu rates quoi que soit. Je refuse que mon existence te prive de quelque chose, si je peux l'éviter. Je désire que tu sois humaine. Que ta vie déroule comme elle l'aurait fait si j'étais mort en 1918 comme prévu.
    (...)
    - J'ai une question, reprit-il un peu plus tard. Y répondras-tu ?
    - N'est-ce pas ce que je fais toujours ?
    - Promets juste de ne pas te dérober.
    - D'accord.
    Je devinai aussitôt que j'allais le regretter.
    - Tu as paru sincèrement étonnée quand tu as compris que je t'amenais ici...
    - Je l'étais, l'interrompis-je.
    - Certes, mais tu devais bien avoir envisagé autre chose... Je serais curieux d'apprendre ce à quoi tu as pensé quand je l'ai demandé de t'habiller.
    (...)
    - Eh bien... j'ai cru qu'il s'agissait... d'une espèce de célébration. Pas un minable bal humain !
    - Humain ? releva-t-il platement.
    Le seul mot vraiment important de ma phrase. Je baissai les yeux, tripotant un pande mousseline. Il attendit sans rien dire.
    - Très bien, confessai-je, j'espérais que tu avais changé d'avis et que... tu allais finalement procéder à ma transformation.
    Diverses émotions traversèrent son visage. Colère, peur... Puis il parut se ressaisir, et l'amusement prit le dessus.
    - Tu as cru que je porterais une cravate noire pour l'occasion ? se moqua-t-il.
    (...)
    - Si prête à mourir, murmura-t-il comme pour lui même. A connaître le crépuscule de sa vie, alors qu'elle a à peine commencé. A tout abandonner.
    - Ce n'est pas une mort, c'est une renaissance, chuchotai-je.
    (...)
    Soudain, son humeur changea de nouveau. Plissant les lèvres, il me scruta un très long moment.
    - Tu es prête, là, maintenant ? demanda-t-il.
    - Euh... oui ?
    Souriant, il inclina lentement sa tête jusqu'à ce que ses lèvres froides frôlent la peau de mon cou.
    - Tout de suite ? chuchota-t-il, son haleine glaçant ma gorge.
    Je ne pus retenir un frisson.
    - Oui, répondis-je, tout bas pour que ma voix ne se brise pas.
    S'il pensait que je bluffais, il allait être déçu. J'avais choisi, j'étais sûr de moi. Tant pis si on corps était rigide comme une planche, mes poings serrés et ma respiration heurtée... Avec un rire sombre, il se recula. Il paraissait déçu.
    - Tu ne crois quand même pas que je cèderais si facilement, railla-t-il.
    - On a le doit de rêver.
    - C'est donc ce à quoi tu rêves ? Devenir un monstre ?
    - Pas tout à fait, répliquai-je, piquée par l'emploi du mot. (Un monstre, non mais je vous jure !) Mon rêve, c'est surtout d'être avec toi pour l'éternité.
    Son visage prit une expression à lafois tendre et mélancolique quand il perçut ma peine.
    - Bella. Je resterai toujours avec toi, n'est-ce pas suffisant ?
    Ses doigts dessinaient légèrement les contours de mes lèvres, et je souris.
    - Ca ne l'est que pour l'instant.
    Ma ténacité lui déplaisait. Aucun de nous deux ne comptait s'avouer vaincu, ce soir.

    votre commentaire
  • (Bella's lullaby - Edward Cullen)
      
    Extrait de Fascination :
     
    La musique ralentit et se transforma en mélodie plus douce. A ma grande surprise, je reconnus, derrière la profusion de notes, le thème de la berceuse qu'il m'avait chantée.
    - C'est toi qui as inspiré celui-ci, chuchota-t-il
    La composition dévint infiniment tendre. J'étais muette de stupeur.
    (...)
    Le berceuse qu'il jouait, mon morceau, s'acheva, les derniers accords plaqués dans une tonalité plus mélancolique. L'ultime note resta suspendue dans le silence, poignante.
    - Merci, chuchotai-je.

    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique