• Le lion et l'agneau

    meadowart
    (The lion fell in love with the lamb)
    Extrait de Fascination :
     
    - Isabella ...
    Il prononça mon nom en entier, soigneusement, puis m'ébouriffa gentiment les cheveux de sa main libre. Un frisson secoua mon corps.
    _ ... Bella, je ne me supporterais plus si je le faisais. Tu ne devines pas à quel point cela m'a torturé. (Il baissa la tête, de nouveau honteux.) T'imaginer immobile, blanche, froide... ne plus jamais te revoir rougir, ne plus jamais revoir cet éclat d'intuition allumer tes yeux quand tu pressens mes mensonges... ce serait intolérable. Tu es désormais l'élément le plus important de ma vie. De toute ma vie.
    J'avais du mal à suivre les méandres de la conversation. Du joyeux sujet de mon imminent décès, nous en étions soudain venus à des déclarations. Il attendait que je réagisse, et j'avais conscience de ses pupilles dorées fixées sur moi.
    - Tu sais ce que j'éprouve pour toi, finis-jenpar confesser à mon tour. Je suis ici... ce qui, en gros, signifie que je préférerais mourir plutôt que de te perdre. Je suis une idiote.
    - Tu l'es, admit-il en s'esclaffant sèchement.
    Nos regards se rencontrèrent, et je ris aussi. Nous trouvions tous deux ma bêtise et l'improbabilité du moment que nous vivions désopilantes.
    - Et le lion s'éprit de l'agneau... murmura-t-il.
    Exaltée, je détournai la tête et dissimulai mes yeux.
    - Quel imbécile, cet agneau ! soupirai-je.
    - Quel fou, ce lion... Quel masochiste...
    Il s'abîma dans la contemplation de la forêt ombreuse, entraîné par des pensées secrètes.
    (...)
    Sa main libre se plaça délicatement sur mon cou. Je ne bronchai pas. La froideur de ses doigts me fit vibrer, comme si la nature exigeait que j'eusse peur. Mais, dans le maelström de mes émotions, la peur n'avait pas sa place.
    - Tu vois, dit-il, tout va bien.
    (...)
    Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi immobiles. Ca me parut des heures. Mon pouls finit par s'apaiser. Edward ne broncha ni ne parla pas tant que dura notre étreinte. Je devinais que, à tout instant, l'effort risquait de se révéler trop éprouvant, et que ma vie pouvait se terminer - si vite que je ne m'en serais sans doute pas rendu compte. Néanmoins, je n'arrivais pas à éprovuer de peur. Je ne pensais à rien si ce n'est à ce premier contact intime.
    (...)
    Il prit mes mains. Elles me parurent si faibles dans l'étau des siennes.
    - Jignore  comment être proche de toi, reconnut-il. Je ne suis pas sûr de le pouvoir.
    Mes yeux plantés dans les siens pour ne pas l'affoler, je me penchai en avant, très lentement, et plaçai ma joue contre son torse de pierre. Je l'entendis respirer, rien d'autre.
    - Cela me suffit, chuchotai-je en fermant les paupières.
    En un geste très humain, il m'enlaça et plongea son visage dans mes cheveux.
    (...)
    J'étais à peu près certaine de trois choses. Un, Edward était un vampire ; deux, une part de lui - dont j'ignorais la puissance - désirait s'abreuver de mon sang ; et trois, j'étais follement et irrévocablement amoureuse de lui.

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