• Jasper


    (Jasper)
     
    Extrait de Hésitation :
     
    - Que sais-tu de moi, Bella ? s'enquit-il ensuite.
    (...)
    - Pas grand chose, admis-je.
    (...)
    Pensif, Jasper releva la manche de son pull ivoire. Curieuse et perplexe, je l'observai. Il approcha son poighent de la lampe posée près de lui, puis suivit du doigt la cicatrice en forme de croissant qui scarifiait sa peau. Je mis une minute à saisir pourquoi cette trace m'était familière.
    - Oh !  soufflai-je. Tu as la même marque que moi !
    A mon tour, je levai la main. Sur la couleur crème de ma peau, le stigmate argenté se détachait plus nettement que sur l'albâtre de la sienne. Il m'adressa un sourire sans joie.
    - J'ai beaucoup de balafres commes les tiennes, Bella.
    Il remonta encore sa manche, imperturbable. D'abord, j'eus du mal à comprendre la nature de la texture qui rayait son avant-bras en croisillons épais. Des demi-lunes dessinaient un schéma rappelant une plume qui, blanche sur fond blanc, n'était visible que sous l'éclat violent de la lampe, laquelle mettait en relief ses motifs dont les formes étaient soulignées par d'infirmes creux. Je finis par saisir que le tableau était constitué de croissants pareils à celui de son poignets... à celui de ma main.
    Je baissai les yeux sur ma cicatrice unique, solitaire, me souvins de la manière dont elle m'avait été infligée, contemplai la marque des dents de James, gravée à jamais.
    Alors, je hoquetai et vrillai mon regard sur Jasper.
    - Oh, mon Dieu ! Que t'est-il arrivé ?
    - La même chose qu'à toi, mais répétée mille fois, répondit Jasper d'un ton serein. Seul notre venin laisse une cicatrice, ajouta-t-il avec un petit rire contraint.
    (...)
    - J'ai été élevé d'une façon différente de celle de mes frères et soeurs adoptifs. Mes débuts ont été très... particuliers.
    (...)
    - Je vivais à Houston, au Texas. J'avais presque dix-sept ans, lorsque je me suis engage dans l'armée confédérée, en 1861. J'ai menti aux sergents recruteurs. J'étais assez grand pour qu'on croie que j'en avais vingt. Ma carrière militaire a été brève, bien que très prometteuse. Les gens... m'appréciaient, m'écoutaient toujours. Mon père appelait cela du charisme. Aujourd'hui, je sais que c'était un peu plus. (...)
    "J'étais chargé d'évacuer les femmes et les enfants quand les bateaux des Nordistes sont entrés dans le port. (...)"
    "A environ un kilomètre de la ville, je suis tombé sur trois femmes. Croyant qu'il s'agissait de malheureuses restées à la traîne, je suis descendu de cheval pour leur proposer de l'aide. C'est là que j'ai vu leurs visages sous la lunes, et la stupeur m'a réduit au silence. Indéniablement, elles étaient les trois plus belles créatures que j'aie jamais vues. Leur peau était si pâle que je me rappelle m'en être émerveillé. Même la fillette brune, qui avait sans doute aucun des origines mexicaines, semblait de porcelaine. (...)"
    "- Mmm, a-t-elle murmuré, délicieux."
    (...)
    "J'avais toujours eu un bon instinct pour déterminer quelles relations les gens entretenaient entre eux, et j'ai aussitôt déviné que la brunette l'emportait en autorité sur ses consoeurs. (...)"
    "- Il est idéal, jeune, costaud, officier... a-t-elle continué avant de s'interrompre. (...)"
    "- Tu ferais mieux de t'en charger, Maria, est intervenue la plus grande des trois, s'il est important pour toi. Moi, je n'arrive pas à me retenir de les tuer."
    (...)
    "- Comment t'appelles-tu, soldat ? s'est enquise Maria"
    "- Major Jasper Whitlock, mademoiselle, ai-je bégayé avec la politesse que je devais aux femmes, fussent-elles des spectes."
    "- J'espère sincèrement que tu survivras, Jasper, a-t-elle tendrement chuchoté. J'ai un bon pressentiment te concernant."
    "Elle s'est rapprochée, a incliné la tête comme si elle allait me donner un baiser. Je suis resté figé sur place, alors que tout en moi me hurlait de fuir."
    (...)
    - Quelques jours plus tard commençait ma nouvelle existence.
    (...)
    - Elles se prénommaient Maria, Nettie et Lucy, enchaîna-t-il. Elles étaient ensemble depuis longtemps, seules survivantes d'une bataille récemment perdue. (...) Elles montaient une armée, de façon plus prudente que jamais, toutefois. Maria en avait eu l'idée. Elle exigeait des troupes de qualité supérieure et cherchait des humains ayant un potentiel. Elle nous accordait aussi plus d'attention, veillant à notre entraînement comme personne d'autre. Elle nous a appris à nous battre, à nous rendre invisibles aux humains. Quand nous réussissions, elles nous récompensait...
    (...)
    - Mais elle avait hâte. Elle savait que la force monstreuse des nouveaux-nés commençait à se dissiper vers la première année, et elle tenait à agir pendant qu'ils en étaient encore dotés.
    "Nous étions six quand j'ai rejoint le clan. Elle en a ajouté quatre en quinze jours. Nous étions tous des hommes, car elle voulait des guerriers. (...)"
    "Mon égérie jugeait bien les personnalités. Elle a décidé de me nommer responsable des autres, une promotion en quelque sorte. Cela correspondait à ma nature. (...) Mon aptitude, encore non établie, à contrôler l'atmopshère émotionnelle autour demoi se révélait d'une efficacité vitale. Bientôt, nous nous sommes mis à travailler de conserve, comme jamais des nouveaux-nés ne l'avaient fait.(...)"
    "Quelques décennies plus tard, j'ai développé une amitié avec un nouveau-né qui, pouvant encore servir, a survecu à ses trois premières années, en dépit de toute logique. Il s'appelait Peter, et je l'appréciais. Il était... civilisé." (...)
    "Cinq ans après, Peter est revenu en douce. (...) Il m'a raconté sa nouvelle vie en compagnie de Charlotte, m'a révélé des options auxquelles je n'avais jamais osé songer. En cinq ans, il ne s'était pas battus une seule fois, alors qu'ils avaient multiplié les rencontres dans le nord. Il était donc possible de coexister sans pagaille permanente. Une conversation a suffi à me convaincre. J'étais prêt à partir, soulagé de ne pas devoir tuer Maria." (...)
    "J'ai voyagé avec Peter et Charlotte plusieurs années durant, apprenant un monde neuf et plus paisible. Malheureusement, ma dépression ne s'estompait pas. Je ne saisissais pas ce qui n'allais pas, chez moi, jusqu'à ce que Peter remarque que mon état empirait systématiquement après avoir chassé. J'y ai réfléchi. (...) Dès que je dénichais une victime humaine (...) je ressentais tout ce que ma proie éprouvait. Je vivais ses émotions quand je la tuais." (...)
    "Mon agoisse a pris de telles proportions que je me suis éloigné de Peter et Charlotte. Aussi civilisés soient-ils, ils n'avaient pas la même aversion que celle dont je commençais à souffrir. Eux ne désiraient que la paix. L'idée d'assassiner, même de simples humains, m'était une épreuve."
    "Il fallait pourtant que je continue. Je n'avais guère le choix" (...)
    - Puis, il y a eu ce jour de tempête à Philadelphie. (...) Conscient que rester sous la pluie attirerait l'attention, je me suis réfugié dans un petit restaurant à moitié vide." (...)
    "Elle était là. Elle m'attendait, évidemment. Dès que je suis apparu, elle a sauté de son tabouret, est venue directement à moi. J'étais sous la choc. Je ne savais pas trop si elle comptait m'attaquer, seul explication que mon passé me donnait d'un tel comportement. Mais elle souriait. Et les émotions qui émanaient d'elle ne ressemblaient en rien à ce que je connaissais."
    "- Tu m'as fait attendre, m'a-t-elle dit."
    - Et tu t'es incliné comme le parfait gentleman du sud et t'es excusé, rigola Alice qui s'était rapprochée sans que je m'en fusse rendu compte.
    - Tu as tendu la main, enchaîna Jasper en s'emparant de ses doigts, je l'ai prise sans m'arrêter pour tenter de comprendre ce qui se passait. Pour la première fois depuis un siècle, j'ai espéré.
    (...)
    - Alice m'a raconté ce qu'elle avait vu Carlisle et des siens. J'ai eu du mal à croire que pareille existence était possible. Elle m'a redonné de l'optimisme, cependant, et nous sommes partis les retrouver.
     
     
    Dans le film :
     
    La scène se termine par le rêve de Bella. Elle y voit Maria donner ses instuctions à Jasper. Puis, Maria se transforme en Victoria, ordonant de tuer Bella. Elle comprend alors qui se cache derrière l'armée de nouveaux-nés.

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