• Jacob demande à Bella de partir de chez lui

    rain1
    (Break Up)
    Extrait en Tentation :
     
    Je m'arrêtai devant la maison, coupai le contact et baissai ma fenêtre. L'air était étouffant, ce jour-là, sans un souffle de vent. Posant mes pieds sur le tableau de bord, je m'installai pour une longue attente.
    Un mouvement à la périphérie de mon champ de vision attira mon regard. Billy m'observait de derrière la fenêtre du salon, comme perdu.
    (...)
    - Qu'est-ce que tu fiches ici, Bella ? gronda Jacob.
    J'ouvris des yeux grands comme des soucoupes. Il avait changé de façon radicale. D'abord, ses cheveux, ses magnifiques cheveux, avaient disparus ; tondus de près, ils couvraient son crâne d'un lustre noir d'encre qui évoquaient du satin. Les arêtes de son visage en semblaient durcies, resserrées, et comme... vieillies. Son cou et ses épaules étaient différents  aussi, plus épais. Ses mains, accrochées au cadre de la fenêtre, paraissaient énormes, leurs tendons et leurs veines encore plus proéminents sous la peau cuivrée. Ces transformations physiques étaient cependant anodines, comparées à l'expression qu'il arborait, et qui le rendait presque méconnaissable. A l'instar de la chevelure, le sourire ouvert et amical s'était envolé, la chaleur de ses prunelles s'était transmutée en un ressentiment ténébreux qui me dérangea immédiatement. Il y avait une part d'ombre chez Jacob, désormais. J'eus l'impression que mon soleil avait implosé.
    - Jacob ? chuchotai-je.
    (...)
    - Que veux-tu ? demanda  Jacob, la rage l'empourprant à mesure qu'il devinait les émotions qui me secouaient.
    - Te parler, murmurai-je faiblement, dévastée.
    (...)
    - Ce n'est pas ce que tu crois, reprit-il d'un ton soudain très las. Ni ce que je croyais. J'étais loin du compte.
    - Qu'est-ce que c'est alors ?
    Il m'observa un long moment, pesant le pour et le contre, sans que le courroux déserte jamais complètement ses iris.
    - Je n'ai pas le droit de te le révéler, finit-il par lâcher.
    - Je pensais que nous étions amis, répliquai-je, les dents serrées.
    - Nous l'étions, riposta-t-il aussitôt en appuyant sur le passé.
    - Mais tu n'as plus besoin d'amis, c'est ça ? Tu as Sam, maintenant. Sam que tu as toujours tellement respecté, si je me souviens bien.
    - Je me trompais.
    (...)
    - Je t'en pris, Jake, raconte-moi ce qui se passe. Moi, je te serai peut-être d'un quelconque secours.
    - Plus personne ne me soulagera, geignit-il.
    - Mais que t'a-t-il fait ? m'écriai-je, et les larmes me montèrent aux yeux.
    J'avança vers lui, bras ouverts ; il recula, mains levées en un geste défensif.
    - Ne me touche pas ! souffla-t-il.
    (...)
    - Tu l'auras voulu ! S'il faut blâmer quelqu'un, prends-en-toi donc à ces répugnants buveurs de sang que tu aimes tant.
    J'en fus estomaquée. Ses mots m'avaient poignardée. La douleur se répandit dans mon corps en suivant ses chemins habituels, la plaie béante le déchirant le coeur. Le pire cependant, c'était l'assurance avec laquelle il avait proféré ses accusations, et la colère qui le dominait.
    - Je t'avais prévenue, ajouta-t-il.
    - Je ne vois pas de qui tu parles.
    - Je crois que si, au contraire. Ne m'oblige pas à préciser, je n'ai pas envie de te faire du mal.
    - Je ne vois pas du qui tu parles, répétai-je.
    - Des Cullen, lâcha-t-il lentement en scrutant mon visage. Je sais commment tu réagis lorsqu'on prononce ce nom.
    (...)
    - Que leur reproches-tu ?
    Soudain, il colla son visage à un centimètre du mien, les yeux incendiés par la fureur.
    - D'exister ! siffla-t-il.
    (...)
    - Rentrons. Nous n'avons plus rien à nous dire.
    - Tu plaisantes ? bégayai-je. Tu ne m'as encore rien dit du tout !
    Il s'éloigna à grand pas, me plantant là.
    (...)
    - Attends ! hurlai-je quand il fila vers la maison.
    Il me regarda, ses mains temblaient de nouveau.
    - Rentre chez toi, Bella. Je ne peux plus te fréquenter.
    Le chagrin, bête et futile, se révéla incroyablement puissant. Le larmes revinrent.
    - Es-tu en train de... rompre avec moi ?
    (...)
    - Même pas ! ricana-t-il, amer. Sinon, je t'aurais dit "restons amis". Je n'ai même pas le droit à ça.
    (...)
    - Je suis désolé, Bella, répondit-il avec une froideur qui n'était pas lui.
    Je ne parvenais pas à croire qu'il fût sincère. J'avais plutôt l'impression que ses yeux furieux essayaient de me transmettre autre chose ; hélas, le message m'échappait.
    (...)
    - Je suis navrée de ne pas avoir pu.. plus tôt... j'aimerais changer ce que j'éprouve pour toi Jacob.
    J'étais si désespérée à l'idée de le perdre que je déformais la vérité au point de la transformer en mensonge.
    - Peut-être que... que j'arriverai à changer, ajoutai-je. Si tu m'en donne le temps... s'il te plaît, ne l'abandonne pas maintenant, je ne le supporterai pas.
    En un éclair, ses traits passèrent de l'irritation à la douleur. Ses doigts tremblants se tendirent vers moi.
    - Non, Bella, je t'en prie. Ne pense pas ça. Ne crois pas que c'est ta faute. Je suis responsable. Je te jure que tu n'y es pour rien.
    (...)
    - Je ne suis plus assez bien pour rester ton ami, précisa-t-il. Je ne suis plus le même. Je ne t'apporterai rien de bon.
    (...)
    - Je suis désolé, Bella, répéta-t-il, à peine audible.
    Sur ce, il s'enfuit à toutes jambes dans la maison.
    Je restai figée sur place.
    (...)
    J'avais les yeux rivés sur la maison. Jacob allait ressortir. C'était obligé.
    (...)
    La porte finit par s'ouvrir et, soulagée, j'avançai d'un pas.
    Billy roula son fauteuil dans l'encadrement ; je n'apercevais personne derrière lui.
    (...)
    Son regard était empli de pitié. C'est elle qui eut raison de moi. Muette, je grimpai dans ma voiture, tel un robot. J'avais laissé les fenêtres baissées, et les sièges étaient humides et glissants. Aucune importance, j'étais déjà tempée.

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