• Escapade à moto à Port Angeles

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     (Band of skulls - Friends)
    Extrait de Tentation :
     
    Sans réfléchir, je m'arrêtai pour examiner les quatres gaillards avec une forte impression de dèjà-vu. C'était une autre rue, une autre nuit, et pourtant la scène était identique. Parmi les types, il y avait même un petit brun. Ce fut d'ailleurs lui qui, le premier, me manifesta de l'intérêt. Figée sur place, je le dévisageais.
    - Bella ? chuchota Jess. Qu'est-ce que tu fiches ?
    Je n'en étais pas très sûre moi-même.
    - Il em semble les connaître.
    Quelle mouche me piquait ? J'aurais dû fuir à toutes jambes, oublier l'image de ces hommes décontractés et me réfugier dans l'apathie sans laquelle je ne fonctionnais pas. Pourquoi descendais-je soudain du trottoir, dans un état second ?
    J'étais à Port Angeles en compagnie de Jessica, dans une rue sombre - coïncidence extraordinaire. Je détaillai le petit brun, essayant d'adapter ses traits au souvenir du voyou qui m'avait menacée presque un an plus tôt. Saurais-je l'identifier ? S'agissait-il vraiment de lui ? L'instant si particulier de cette soirée si particulière était flou. Mon corps se la rappelait mieux que mon cerveau - la tension dans mes jambes tandis que j'avais hésité entre me sauver et ne pas me laisser impressionner, la sécheresse de ma gorge quand j'avais tenté de pousser un cri digne de ce nom, la raideur de ma peau sur mes jointures lorsque j'avais serré les poings, les frissons dans ma nuque au moment où mon agresseur m'avait appelée "chérie"... 
    (...)
    L'ignorant, je m'avançai sans l'avoir consciemment décidé. De façon absurde, l'espèce de danger que présentaient ces hommes m'attirait. Cela relevait d'une impulsion insensée, mais il y avait si longtemps que j'en avais éprouvé une que je la suivis. Une énergie peu familière circulait dans mes veines. L'adrénaline, devinai-je.
    (...)
    "Arrête ça tout de suite, Bella !"
    Je stoppai net. Car ce n'était pas Jessica qui venait de me reprimander. C'était une voix furieuse et familière, belle, veloutée malgré ses accents courroucés. C'était sa voix, son tenor - je pris un soin remarquable à ne pas penser son prénom -, et je m'étonnai, en l'entendant, de ne pas m'écrouler sur la chaussée, tordue de douleur au rappel de ma perte. En vérité, je n'avais pas mal, pas mal du tout.
    Au moment où il avait parlé, tout était devenu très clair, soudain, comme si j'avais émergé d'une piscine obscure. J'avais brusquement une conscience plus aiguë des choses - vision, ouïe, sensation de l'air froid qui me fouettait le visage et que je n'avais jusqu'alors pas remarqué, odeurs s'échappant par la porte du bar. Sous le choc, je regardai autour de moi.
    "Rejoins ton amie, m'ordonna-t-il, toujours aussi mécontent. Pas de bêtises, j'ai ta promesse."
    (...)
    Je soupçonnai alors que j'étais victime d'une hallucination, sûrement déclenchée par le souvenir, l'impression de déjà-vu, l'étrange familiarité de la situation.
    (...)
    Je n'avais pas le droit de penser à lui. Je m'étais efforcée d'être très stricte à ce sujet. Naturellement, j'avais eu des ratés - je n'étais qu'humaine, somme toute. Mais je m'améliorais, et j'arrivais désormais à éviter la souffrance plusieurs jours de suite. Le prix à payer était l'engourdissement permanent. Entre douleur et rien, j'avais choisi le rien. En cet instant, je guettais la blessure. Je n'étais plus ahurie, mes sens s'étaient réveillés après des mois de somnolence. Pourtant, rien ne venait. Je n'éprouvais qu'une peine - que ses intonations s'estompent.
    (...)
    J'avançai d'un pas, histoire de tester ma théorie.
    "Recule, Bella", gronda-t-il.
    Je poussai un soupir de soulagement. J'avais désiré entendre son couroux, preuve fabriquée et mensongère qu'il tenait à moi, cadeau douteux offert par mon subconscient.
    Toutes ces réflexions n'avaient duré que quelques secondes. Mon petit groupe de spectateurs m'observait, intrigué. Je donnais sûrement l'apparence d'hésiter à les approcher. Comment auraient-ils pu deviner que je me régalais d'un moment de pure folie ?
    - Salut ! lança un des types sur un ton à la fois sûr de lui et un peu moqueur.
    (...)
    Je franchis le caniveau où ruisselait une eau que la pénombre rendait noire.
    (...)
    Maintenant que j'étais plus près, que mes yeux semblaient avoir effectué une mise au point, j'examinai le petit brun. Il m'était totalement inconnu. Je ressentis une sorte d'étrange déception en constatant qu'il ne s'agissait pas de l'affeux qui avait essayé de m'attaquer, un an plus tôt.
    Le tenor s'était définitivement tu.
    (...)
    - De loin, vous ressembliez à une de mes connaissacnces. Désolée, je me suis trompée.
    La menace qui m'avait amenée à traverser la rue s'était dissipée. Ces hommes n'étaient pas les voyous dangereux dont je me souvenais. Ils étaient sûrement gentils. Inoffensifs. Dès lors, ça ne m'intéressait plus.
     
    Dans le film :
     
    Alors qu'elle s'approche d'un groupe de bikers, Bella a une vision d'Edward la mettant en garde. Pour se venger, la jeune fille monte sur l'une des motos et part avec un homme qu'elle ne connait pas.

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