• Bella retrouve la clairière

    2671403978_1
    (Memories of Edward)
    Extrait de Tentation :
     
    Une fois garée à l'emplacement habituel, je mis un bon quart d'heure à comparer la petite aiguille de la boussole et les indications portées sur le plan, à présent froissé. Une fois raisonnablement certaine que je suivais la bonne ligne du réseau tracè par Jacob, je m'enfonçai dans la forêt.
    Elle grouillait de vie, ce jour-là, tout son petit peuple profitant de l'absence d'humidité temporaire. Néanmois, et nonobstant le gazouillis des oiseaux, le bourdonnement des insectes qui voletaient autour de ma tête et, parfois, la fuite précipitée des mulots dans les buissons, elle me paraissait plus inquiétante que d'ordinaire. Elle me rappelait mon plus récent cauchemar. J'avais conscience que c'était parce que j'étais seul, dépossédée des sifflements joyeux de Jacob et du bruit d'une deuxième paire de chaussures martelant lle sol trempé.
    Plus j'avançais dans les tréfonds des bois, plus mon malaise augmentait. J'avais du mal à respirer, pas à cause de la fatigue, mais parce que cet imbécile de trou se manifestait de nouveau dans mon coeur. Les bras étroitement croisés autour de mon torse, je tâchai de bannir la souffrance que provoquaient mes réflexions. Je faillis rebrousser chemin, y renonçai cependant, tant je détestais l'idée de gaspiller les efforts que j'avais fournis.
    Peu à peu pourtant, le rythme de mes pas finit par engourdir mon esprit et ma douleur. Mon pouls s'apaisa, et je fus heureuse de ne pas avoir cédé à la facilité. Je commençais à m'améliorer, dans cette petite guérilla. Je sentais que j'étais déjà plus leste. Je peinai en revanche à évaluer l'efficacité de ma progression. Je croyai avoir parcouru dans les six kilomètres et je n'avais pas entamé ma traque des lieux lorsque, avec une soudaineté qui me désorienta, je passai sous l'arche basse que formaient deux érables et, fendant des fougères qui poussaient à hauteurs de poitrine, je trébuchai dans la clairière.
    Je sus immédiatement que cétait le bon endroit. Jamais je n'avais vu de trouée si parfaitement symétrique. Elle était aussi ronde que si l'on avait voulu créer un cercle sans défaut, arrachant des troncs sans cependant laisser de traces de cette violence dans l'herbe ondoyante.
    (...)
    C'étaient les mêmes lieux... hélas, ils ne recelaient pas ce que j'étais venue y chercher. Ma déception fut presque immédiate. Je m'affalai sur place, à la lisière de arbres, haletante. A quoi bon aller plus loin ? Rien ne s'attardait, ici.
    (...)
    Cet endroit n'avait rien de spécial sans lui. Je ne savais même pas précisément ce que j'avais espéré ressentir, mais la trouée était dénuée d'atmosphère, dénuée de tout, comme n'importe où. Comme mes mauvais rêves. J'en avais le vertige.
    (...)
    Ces lieux renfermaient trop de douleur pour que je l'endure. L'eût-il fallu, j'eusse rampé hors d'ici.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :