• Bella rend visite à sa mère

    Bella_Renee_Eclipse_01
     (Bella's Truckflorida)
    Extrait de Hésitation :
     
    - Tu es bien silencieuse, fit remarquer Edward. L'avion t'a rendue malade ?
    - Non.
    - Tu es triste d'être partie ?
    - Plutôt soulagée, je crois.
    Il se tourna vers moi, perplexe. Inutile de lui demander de regarder devant lui, même si je détestais qu'il quittât le pare-brise des yeux.
    - Renée est tellement plus intuitive que Charlie, expliquai-je. Ca me rend nerveuse.
    - Ta mère est dotée d'un esprit très intéressant, s'esclaffa-t-il. Enfantin et perspicace à la fois. Elle envisage les choses d'une manière très personnelle.
    Perspicace. Oui, du moins quand elle prêtait attention aux autres. En général, elle était si déroutée par sa propre existence qu'elle avait tendance à occutler le reste. Ce week-end, cependant, elle m'avait observée avec beaucoup d'acuité. (...) Les embrassades et cris de joie passés, elle ne nous avait pas quittés du regard, ses grands yeux bleus se teintant peu à peu d'un éclat interrogateur et soucieux.
    Ce matin encore, nous avions fait une longue promenade sur la plage. Elle avait tenu à me montrer les merveilles de son nouvel environnement, en espérant toujours, sans doute, que le soleil finirait pas m'attirer loin de Forks. Elle avait aussi désiré me parler seule à seule, ce qui n'avait pas été difficile à obtenir : Edward s'était inventé un exposé à terminer en guise d'excuse pour ne pas sortir dans la journée.
    (...)
    - Belle ? avait demandé Renée en fixant les vagues qui s'écrasaient doucement sur la grève.
    - Oui ?
    - Je suis inquiète, avait-elle soupiré en évitant de me regarder.
    - Pour quoi ? m'étais-je aussitôt affolée. Je peux t'aider ?
    - Pas pour moi. Pour toi... et Edward.
    (...)
    - Votre relation est bien plus sérieuse que ce que je pensais.
    (...)
    - Votre liaison est étrange, avait-elle continué, sourcils froncés. Il est si... protecteur envers toi. Comme s'il était prêt à se jeter devant une balle de pistolet pour te sauver.
    - C'est donc si mal ? avais-je plaisanté.
    - Non. Juste différent. Il éprouve des sentiments très fort pour toi... tout en se montrant prudent. J'ai l'impression de ne pas bien saisir ce qui vous unit. Comme si vous partagiez... un secret.
    - Que vas-tu inventer, maman ? m'étais-je empressée de protester en feignant la légèreté.
    Pourtant j'avais l'estomac noué. J'avais oublié à quel point ma mère était capable de discernement. Parfois, sa vision simpliste du monde et sa distraction naturelle étaient ballayées par des illuminations qui la menait droit à la vérité. Cela ne m'avait pas posé de problème auparavant, n'ayant jamais eu de secret pour elle.
    - Et ce n'est pas que lui, avait-elle précisé. Tu verrais ton comportement en sa présence !
    - Comment ça ?
    - Tu te déplaces comme si tu t'orientais systématiquement en fonction de lui. Lorsqu'il bouge, même un tout petit peu, tu ajustes ta position à la sienne. On dirait des aimants... une sorte de réaction gravitationnelle. A croire que tu es un satellite. C'est très bizarre.
    (...)
    - Je suis sotte, hein ?
    Cette réflexion m'avait destabilisée pendant une seconde. Renée était si influençable ! Ce travers se révélait parfois positif, car ses idées manquaient souvent de sens pratique. En même temps, j'étais peinée de constater à quelle vitesse elle s'était rangée à mes arguments banals, d'autant que, pour le coup, elle avait parfaitement raison.
    - Mais non, m'étais-je ressaisie, tu es juste une mère.
    (...)
    Les doigts glacés d'Edward caressèrent ma joue, me ramenant à l'instant présent. Il se pencha, embrassa mon front.

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