• Bella pense à Victoria

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    (Victoria)
    Extrait de Tentation :
     
    - Bella ? lança Charlie quand je claquai et verrouillai précipitamment la porte d'entrée derrière moi.
    - Oui, c'est moi, répondis-je d'une voix tremblotante.
    - Où étais-tu ? tonna-t-il en surgissant de la cuisine, l'air furieux.
    J'hésitai. A cette heure, il avait sûrement contacté les parents de Jessica. Inutile de mentir.
    - Je me baladai, avouai-je donc.
    (...)
    Soudain Charlie sembla me regarder vraiment. Je devais ressembler à une sauvageonne.
    - Que s'est-il passé ?
    Là encore, je décidai que la vérité, au moins partielle, était la meilleure solution. J'étais trop émue pour soutenir que j'avais vécu une journée merveilleusement calme dans la flore et la faune de la région.
    - J'ai vu la bête.
    J'avais essayé d'annoncer la nouvelle calmement, mais ma voix s'envola dans les aigus.
    - Ce n'est pas un ours, continuai-je. Plutôt une espèce de loup. Et il y en a cinq. Un grand noir, un gris, un brun-roux...
    Mon père écarquilla des yeux affolés. Approchant rapidement, il me prit par les épaules.
    - Tu n'as rien ?
    Je secouai faiblement le menton.
    - Raconte-moi.
    - Ils m'ont ignorée. Mais quand ils se sont éloignés, j'ai couru et j'ai trébuché des tas de fois.
    Il m'enlaça. Longtemps, il ne dit rien.
    (...)
    Je me donnai la peine de vérifier les serrures avant de filer me coucher, ce qui était idiot. Quelle différence un verrou ferait-il face à l'un des monstres que j'avais croisés dans l'après-midi ? Les loups auraient certes quelques difficultés avec la poignée, mais Laurent, s'il lui prenait l'envie de débarquer ici...
    Lui ou Victoria, d'ailleurs.
    Je m'allongeai sans espérer m'endormir, trop énervée encore. Roulée en boule sous la couette, j'affrontai l'horreur de ma situation. Je n'avais guère de marge de manoeuvre. Il n'y avait aucune précaution à laquelle je pouvais recourir. Nul endroit où me cacher. Personne pour m'aider. C'était encore pire que ce que je croyais, me rendis-je compte, et la bile me monta à la gorge. Parce que ces réflexions s'appliquaient également à Charlie. Mon père, qui couchait dans la pièce voisine, n'était qu'à un cheveu de la cible dont j'étais le centre. Mon odeur allait les conduire ici, que j'y sois ou non...
    Mes dents se mirent à claquer.
    (...)
    Je fermai les yeux et attendis de perdre conscience, presque impatiente que le couchemar surgisse. Plutôt ça que la belle figure pâle qui me souriait derrière mes paupières. Dans ma fantaisie, Victoria avait les pupilles noircies par la soif et rendues luisantes par le désir de me traquer, les lèvres retroussées sur ses dents étincelantes à l'idée du plaisir à venir. Ses cheveux roux brillaient comme du feu, ébouriffés autour de son visage empreint de sauvagerie. Les mots de Laurent résonnèrent dans ma mémoire. "Si tu savais ce qu'elle t'a préparé..."
    J'enfouis mon poing dans ma bouche pour étouffer mon cri.

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